En soirée, hier, la femme de 40 ans reposait toujours entre la vie et la mort à l'Hôtel-Dieu de Lévis, au moment d'écrire ces lignes.
«C'est grave, elle est dans le coma profond. Elle est sous respirateur artificiel. Probablement qu'ils vont la déconnecter», précise son neveu de 24 ans, joint au téléphone hier soir.
Mardi soir, la mère et la soeur de cette dernière l'ont retrouvée pendue dans le cabanon de l'immeuble d'habitation où elles résident, à Saint-Fabien-de-Panet.
La quadragénaire avait demandé les clés du cabanon à sa mère, chez qui elle était revenue habiter depuis une semaine. S'inquiétant de son absence, cette dernière est allée chercher son autre fille. Les deux femmes sont ensuite allées déverrouiller le cabanon, où elles ont fait la terrible découverte.
La mère criait : «Elle s'est pendue, elle s'est pendue!» et la soeur tentait de libérer le corps avec l'aide de son fils. Entendant les cris, des voisins ont appelé le 9-1-1. Survivant à peine, la femme, qui semblait inconsciente, a été transportée à Lévis.
C'est pourtant grâce à cette quadragénaire courageuse que les multiples crimes de Vachon ont été mis au jour. Elle a en effet été la première à porter plainte aux policiers, leur donnant en plus des informations les dirigeant vers d'autres plaignantes.
Qui plus est, cette plainte contre Vachon a surgi lors d'une enquête policière sur un autre individu, Eugène Godbout, qui est aussi accusé d'avoir agressé la même femme, mais à l'âge de neuf ans, à Saint-Henri.
Le cruel destin de cette femme a voulu qu'elle soit également victime d'agression sexuelle par un cousin d'âge mineur qui a été condamné pour son crime.
Au procès de Vachon, elle a été la première plaignante appelée à la barre lundi par la procureure de la Couronne, Me Nadine Dubois. Habitant Saint-Fabien-de-Panet en 1985, elle connaissait la conjointe de Vachon.
Sur l'ordre de celui-ci, l'adolescente alors âgée de 16 ans avait été invitée à souper. Séquestrée chez le couple, elle a ensuite été violée à plusieurs reprises. Au cours des années qui ont suivi, l'adolescente a sombré dans l'alcool et la drogue, a-t-elle indiqué dans son témoignage.
En ce qui concerne le dossier d'Eugène Godbout, un individu de 62 ans de Saint-Damien, il est accusé d'agression sexuelle et de voies de fait causant des lésions contre quatre personnes. Il a été cité à procès au terme de son enquête préliminaire, au début du mois, et il reviendra en cour lundi pour qu'on lui fixe une date de procès. La femme qui a tenté de se donner la mort cette semaine avait témoigné à l'enquête préliminaire du sexagénaire.
Selon une proche, la femme de 40 ans avait vécu très difficilement son témoignage au palais de justice de Québec. «Elle a ruminé ça pendant tant d'années et elle a décidé de tout faire sortir (au procès). On dirait que ça a été trop.»













