Depuis septembre, deux membres de la GRC ont ainsi joint leurs forces avec celles de deux enquêteurs de la SQ pour former cette équipe, qui a conclu des ententes de collaboration avec l'Interpol et l'Agence des services frontaliers du Canada.
L'équipe inclut notamment des enquêteurs formés en histoire de l'art et un expert en contrefaçon de monnaie canadienne.
Selon Stéphane Bonin, officier responsable de la section des délits commerciaux de la GRC, la criminalité liée aux oeuvres d'art est l'une des principales formes de criminalité internationale, après le trafic de drogues et d'armes à feu.
Au Québec seulement, la SQ a traité depuis 2004 pas moins de 450 dossiers liés aux oeuvres d'art et procédé à plus de 20 arrestations, en plus de saisir près de 150 oeuvres d'art volées ou fausses, pour une valeur marchande de plus de 2 millions $.
«C'est très avantageux, ici, au Québec, la façon qu'on a de faire face à ce type de criminalité-là, a expliqué Michel Forget, inspecteur du service des enquêtes sur les crimes économiques de la Sûreté du Québec. Le taux de récupération des oeuvres (ici) est d'environ 15 %, contrairement à ce qu'il est ailleurs au monde, entre 7 et 9 %.»
La SQ a par ailleurs annoncé l'arrestation de deux personnes liées à ce type de crimes.
Le 21 janvier, les enquêteurs ont procédé à l'arrestation de Richard McClintock, un faussaire de 50 ans de Québec qui comptait vendre des copies comme des oeuvres authentiques dans différentes galeries de sa région.
Près de 80 fausses oeuvres, incluant des copies de toiles d'artistes québécois tels que Jean-Paul Riopelle, Paul-Émile Borduas et Marcelle Ferron, ont été saisies à son domicile. McClintock a été accusé de 72 chefs de fraude, fabrication de faux et possession de biens criminellement obtenus.
Quelques mois plus tôt, le 11 novembre, l'équipe intégrée, en collaboration avec la Sécurité publique de Saint-Eustache, a arrêté Christian Boyer, un résidant de Laval de 28 ans accusé d'avoir volé des monuments et des sculptures en bronze. Les vols étaient commis dans des parcs, des institutions et des édifices en construction.
«Les individus qu'on a arrêtés (ne font pas partie d'un groupe criminalisé), mais généralement, les gens qui vont en bénéficier, selon notre renseignement, font partie de groupes criminalisés qu'on reconnaît, traditionnels et québécois, entre autres», a précisé M. Forget.
La nouvelle équipe est la seule unité spécialisée au Canada à enquêter sur ce type de crimes.










