Dans sa décision, le Conseil de discipline dit s'interroger sur l'intégrité et l'honnêteté du Dr Grégoire dont c'était le devoir de révéler tous les faits lors de la première enquête. Il aura plutôt fallu qu'éclate cette affaire pour que deux autres patientes décident de porter plainte.
Bien que qualifiant les faits d'extrêmement graves, le Conseil conclut que l'absence de récidive de l'omnipraticien depuis sa première radiation, sa reprise en main «très sérieuse», son respect de ses engagements et son implication dans son milieu justifient cette nouvelle mesure disciplinaire légère.
La radiation de deux mois est entrée en vigueur dès minuit hier. Les horaires de garde à l'urgence du centre hospitalier de Baie-Comeau, où pratique le Dr Grégoire, ont été revus pour en tenir compte, indique Jean-Marc Arsenault, du CSSS de Manicouagan.
Décision critiquée
Aux yeux du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Baie-Comeau, cette radiation de deux mois ne reflète toutefois pas la gravité des gestes commis. «Ça ne tient pas compte de la souffrance vécue par les femmes et du fait qu'elles vont encore souffrir», soumet Johanne Émond, du CALACS.
Mme Émond entend par là la situation des victimes qui, dans ce petit milieu, sont toujours susceptibles de «retomber» sur le
Dr Grégoire lorsqu'elles se présentent à l'urgence.
À cela, Jean-Marc Arsenault répond que le médecin devra d'abord obtenir l'autorisation du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l'hôpital et celle du conseil d'administration. «Ce sera discuté», dit-il. Il convient cependant que depuis la fin de sa première radiation, le Dr Grégoire pratiquait à l'urgence. «Mais il avait des conditions à respecter», rappelle le porte-parole, en assurant que les conditions qui lui étaient imposées (tutorat, accompagnement d'une infirmière...) ont été respectées.











