Les incidents survenus à l'école Saint-Louis-de-France de Charny remontent au 13 novembre 2007. Cette journée-là, la victime et une amie se trouvaient devant la porte du vestiaire des garçons. Elles étaient particulièrement bruyantes. La victime criait le nom du garçon qu'elle attendait chaque fois que la porte du vestiaire s'ouvrait.Lors du procès, une stagiaire qui accompagnait le professeur d'éducation physique a témoigné avoir vu M. Deschâtelets prendre la victime par les épaules pour la secouer fortement et lui crier «Arrête de me rire dans la face» et lancer quelques jurons. Il l'a relâchée pour l'agripper de nouveau par son capuchon et ses cheveux tressés, la soulevant presque de terre pour l'entraîner dans son bureau. Le témoin a ensuite entendu un bruit tel le fracas d'une chaise, et a vu la porte du bureau se refermer violemment.
Dans son jugement rendu le 27 octobre, le magistrat Hubert Couture estimait que la preuve retenue indique que la force employée n'était pas raisonnable, attribuant les gestes posés par l'accusé à la colère et à la frustration. Des sentiments qui ne peuvent justifier les actes de l'enseignant.
Lors du prononcé de la sentence, hier, le juge Couture a pris en compte le fait que M. Deschâtelets est sans antécédents judiciaires et qu'il cumule 30 années d'expérience dans l'enseignement, dont 25 à la commission scolaire des Navigateurs. Il a aussi pris soin de noter qu'il s'agit là d'un incident isolé. «Il n'est pas question de banaliser l'événement, mais il faut relativiser chacun des faits», a-t-il expliqué.
Pas fini
«On est content», a lancé à la sortie de la salle d'audience la présidente du Syndicat de l'enseignement des Deux Rives, Andrée Turbide, qui accompagnait M. Deschâtelets. Mais les ennuis du professeur sont loin d'être terminés.
La défense est présentement en appel du verdict de culpabilité rendu en octobre. Une décision qui avait «beaucoup étonné» Mme Turbide. De plus, des griefs ont été déposés pour contester le congédiement de l'enseignant.
La représentante syndicale estime que la commission scolaire a agi avec démesure. «M. Deschâtelets a été remercié de ses services le 12 février 2008 avant même qu'une plainte soit portée à la police», raconte-t-elle.
Depuis le début de cette affaire, le Syndicat défend le professeur. Des enseignants et des élèves ont fait des représentations auprès de la direction de l'école et une pétition comptant des centaines de noms a été déposée. Pour l'heure, M. Deschâtelets, âgé de 57 ans, est sans emploi. Mme Turbide craint que le verdict de culpabilité l'empêche de pouvoir exercer de nouveau son métier, chose qu'il souhaite ardemment.










