Son livre des Saintes Écritures à la main à son entrée dans la salle d'audience, Lise Hudon l'a confié à l'avocat de son fils avant d'aller prêter serment sur l'Évangile. «Je le jure devant Dieu», a-t-elle répondu fermement à la greffière.
La femme de 51 ans a exprimé sa fierté d'être membre des Témoins de Jéhovah. En contre-interrogatoire, elle s'est toutefois montrée réticente à reconnaître que son fils n'appréciait guère d'être contraint de se plier aux nombreuses obligations de la congrégation. Il a dû le faire jusqu'à l'âge de 14 ans, soit jusqu'au moment où sa grand-mère a pris le relais de sa mère pour l'élever.
«Notre» maladie
Ce changement était en grande partie attribuable à l'état de santé de sa mère, qui s'est définie comme «schizophrène affective». Plus tard, elle devait même en parler comme «notre» maladie en décrivant son garçon.
Entre 1987 et aujourd'hui, la mère de Proulx a été hospitalisée quatre fois en psychiatrie. Son dernier séjour s'est terminé il y a trois semaines, et elle est toujours sous médication. «Je suis de nature très vulnérable, très sensible et très fragile», a déclaré la frêle quinquagénaire.
Quant à l'accusé, elle l'a décrit comme une personne «facile à vivre», pacifique, généreuse et serviable. Mais durant l'été 2007, elle a constaté un changement de comportement chez Proulx. Il lui est apparu très agité et ses propos étaient empreints d'une certaine agressivité.
«Francis est un être plus insécure que moi et, tous les deux, on se défend pas, a observé la mère en contre-interrogatoire. Je sais que, dans le fond de son coeur, il est intègre mentalement et spirituellement.»
À 17 ans, s'est remémoré sa mère, Proulx lui a dit : «Maman, le plus important dans la vie, c'est l'amour de Dieu et du prochain.» Considérant son fils «aussi affectueux» qu'elle,
Mme Hudon a reconnu avoir été bouleversée en apprenant que «l'agneau est devenu un loup et le sage est devenu un fou».
Au terme de son témoignage, la mère désemparée a voulu exprimer du fond de son coeur ses sentiments envers l'homme accusé de meurtre prémédité : «Je l'aime de tout mon coeur! C'est ma raison de vivre après Jéhovah Dieu!»
Plus tôt dans la journée, l'avocat de Proulx avait appelé à la barre une grand-tante de ce dernier, Gisèle Hudon-Carignan. Elle a déclaré que l'une de ses soeurs souffre de dépression et de trouble bipolaire depuis une cinquantaine d'années.












