Ajournement subit au procès de Francis Proulx

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Ajournement subit au procès de Francis Proulx

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Francis Proulx

Archives PC

Richard Hénault
Le Soleil

(Québec) Le jury au procès de Francis Proulx n'a pas eu une très longue journée, mercredi. Dès 10h, sans qu'ils aient entendu un seul témoin, le juge Jacques Lévesque, de la Cour supérieure, les a libérés jusqu'à ce matin.

«Une certaine situation s'est présentée et nous devons disposer de certaines questions», a seulement dit le magistrat aux neuf femmes et trois hommes, qui se sont retrouvés en congé pour la journée. Auparavant, ils avaient dû attendre durant une demi-heure qu'on les fasse venir dans la salle d'audience. Pendant ce temps, le juge et les avocats ont eu des échanges qui ont débouché sur l'ajournement à ce matin.

Comme c'était prévu mercredi, ce devrait être un autre témoin expert de la défense qui sera appelé à la barre. Il s'agit de Claude Rouillard, un neuropsychopharmacologue.

Cet ajournement inattendu et imprévisible est survenu au lendemain d'un incident peu banal impliquant le psychiatre Louis Morissette, de l'Institut Philippe-Pinel, à Montréal. Au cours de son témoignage, mardi, l'expert assigné par la défense a reconnu avoir menti au jury quelques minutes plus tôt. Selon ses prétentions, il avait écouté l'enregistrement du contre-interrogatoire de Proulx durant le trajet entre Montréal et Québec, tôt lundi matin.

Ce que le Dr Morissette ignorait mais que le procureur de la Couronne, Me James Rondeau, s'est fait un plaisir de lui souligner, c'est que ces enregistrements n'avaient été remis aux parties que vers la fin de la matinée, lundi. Après avoir prétendu qu'il s'était «mêlé» ou «trom­pé» d'enregistrement, il a reconnu avoir induit le tribunal en erreur.

Ce mensonge fait sous serment pourrait valoir une accusation de parjure au psychiatre. Toutefois, a-t-il affirmé, cet impair ne change en rien les conclusions de son expertise sur l'individu de 29 ans de Rivière-Ouelle accusé du meurtre prémédité de Nancy Michaud, l'attachée politique du ministre Claude Béchard, en mai 2008.

Suivant cette expertise du psychiatre, Proulx n'aurait pas commis l'homicide de la mère de deux enfants âgée de 37 ans s'il n'avait pas pris de l'Effexor, un antidépresseur prescrit pour le soulager de son anxiété. Il appert, toujours selon le psychiatre, que l'accusé faisait partie d'une infime minorité d'usagers de l'Effexor qui peuvent réagir par une perte de jugement social et une désinhibition. Leur vulnérabilité serait d'autant plus aiguë si, comme Proulx, ils souffrent du syndrome de Gilles de la Tourette et si des membres de leur famille sont affectés de maladie mentale grave.

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