Radars photo: rendez-vous au tribunal

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Radars photo: rendez-vous au tribunal

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Les avocats de la FTQ ont été mandatés pour évaluer si ces radars photo allaient à l'encontre de la Charte des droits et libertés. Une réponse est toujours attendue en ce sens.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) L'entrée en fonction mardi des premiers radars photo au Québec ne fait pas que des heureux. Plusieurs groupes attaquent leur efficacité et au moins un contestera les contraventions de ses membres devant les tribunaux.

«Si tu es propriétaire d'un camion et que tu ne trouves pas le conducteur qui était derrière le volant au moment de l'infraction, tu es présumé coupable. Les rôles sont inversés devant la justice. Ce n'est pas logique. On regardera l'ensemble des dossiers qui nous seront soumis.»

Celui qui parle, c'est Mario Sabourin, représentant des Travailleurs autonomes Québec, une organisation affiliée à la FTQ qui représente 6000 camionneurs indépendants et chauffeurs de taxi. Celui-ci promet de livrer une bataille judiciaire, en contestant chaque billet d'infraction.

Les avocats de la FTQ ont aussi été mandatés pour évaluer si ces radars photo allaient à l'encontre de la Charte des droits et libertés. Une réponse est toujours attendue en ce sens.

Pour sa part, le syndicat des policiers de la Sûreté du Québec s'en prend à l'efficacité même du système. «Ce qu'on disait, c'est qu'avant de mettre des radars, est-ce possible d'augmenter le nombre de policiers sur les routes?», rappelle le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), Jean-Guy Dagenais.

Le chiffre souhaité était de 250 agents. La SQ a finalement procédé à une cinquantaine d'embauches supplémentaires. C'est nettement insuffisant, selon le président.

M. Dagenais soutient que le système des radars photo présente des faiblesses importantes lorsqu'il est comparé à l'intervention d'un policier. L'une d'elles est que l'infraction se poursuit une fois la photographie prise par l'appareil.

«Lorsque c'est un policier qui intercepte l'automobiliste, il met fin à l'infraction. De plus, sa présence peut mener à des vérifications plus poussées et mener parfois à l'arrestation du conducteur parce qu'il était recherché ou encore parce qu'il s'agit d'une automobile volée.»

Le président estime également que c'est un système de «deux poids, deux mesures». L'automobiliste qui recevra la contravention par la poste devra défrayer le montant de l'amende, mais ne verra aucun point d'inaptitude ajoutée à son dossier de conduite. Un simple avertissement sera envoyé pendant les trois premiers mois du projet-pilote d'un an et demi.

Gestion lourde

Le président-directeur général de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, n'est pas contre les radars photo. Comme Mario Sabourin, il en a plutôt contre la lourdeur administrative qu'entraînera ce nouveau système dans les entreprises de camionnage.

«Quand vous avez 300 camions et 1200 remorques et que vous recevez la contravention par la poste, vous devenez un gestionnaire des infractions. C'est comme si le gouvernement vous demandait de vous personnifier en bureau des amendes du Québec.

«Vous avez 10 jours pour faire votre enquête pour savoir qui était au volant du camion au moment de l'infraction. Ça a l'air simple avec deux ou trois véhicules, mais quand vous gérez des flottes, ça devient compliqué.»

M. Cadieux se questionne aussi sur le climat de travail qui s'installera lorsque viendra le temps de «refiler» les contraventions aux mis en cause. Selon lui, la présence des radars photo «corrigera peut-être des portions de route accidentogènes, mais elle n'aura aucun impact sur le comportement» des conducteurs.

Emplacements

Les radars photo sont situés dans 15 endroits sur la Rive-Sud de Québec, dans la région de Montréal et en Montérégie : neuf réagiront aux excès de vitesse, alors que six autres sont installés à des feux rouges. Des panneaux avisent les automobilistes de leur présence.

La ministre des Transports, Julie Boulet, souhaiterait l'installation éventuelle de 100 radars photo pour augmenter la perception du risque d'être pris en flagrant délit.

La France a décidé d'ajouter 2000 appareils aux 2500 qu'elle possède déjà. Entre 2001 et 2006, le nombre de décès sur les routes françaises a chuté de 43 %. Les radars photo seraient responsables de 75 % de la diminution de victimes.

 

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