Fort heureusement, personne n'a été blessé dans cette mésaventure qui est survenue près de la rue de la Silice, dans un secteur résidentiel toujours en développement. La compagnie Dynami-Tech était en charge d'effectuer du dynamitage afin d'allonger la rue de la Silice.
Au total, six maisons ont été touchées par des roches ou ont subi des fissures, mais deux en particulier - les plus proches du chantier - ont subi des dommages beaucoup plus graves.
Une roche a traversé le toit d'une de ces maisons, propriété d'Anne Duguay, alors que d'autres roches ont fracassé des fenêtres de la demeure, ont endommagé le revêtement en briques et ont fait quelques bosses sur une camionnette stationnée dans l'entrée. Une de ces roches a même passé à quelques centimètres de transpercer un gros réservoir de propane situé à côté de la demeure de Mme Duguay.
«Si j'avais été devant ma maison au moment de l'explosion, je serais sûrement morte», explique Mme Duguay, qui n'était pas à son domicile au moment de l'accident, tout comme les autres membres de sa famille. «Et quand je suis revenue de m'entraîner, je n'en revenais pas de ce que je voyais!»
Mme Duguay estime les dommages subis à sa demeure à quelque 50 000 $. La piscine et le patio de l'autre maison située à proximité du chantier ont été gravement touchés par les roches. On parle ici de dommages supérieurs à quelque 15 000 $.
«J'étais à la maison quand j'ai entendu l'explosion et j'ai trouvé que ça avait frappé fort», explique Louise Bédard, voisine de Mme Duguay. «Je suis sortie et j'ai vu un énorme nuage de fumée. Il y avait des roches partout. C'était horrible.»
Mme Bédard, dont la demeure a subi quelques fissures, dit avoir vu le visage de l'employé qui avait déclenché l'explosion. Selon elle, il affichait un air de découragement total, tout en ayant la «tête entre les deux jambes».
Tout au long de l'après-midi, des employés d'entrepreneurs privés ont travaillé afin de réparer une partie des dommages sur les maisons et pour nettoyer l'immense lit de roches créé par l'opération de dynamitage.
Le propriétaire de l'entreprise de dynamitage, Philippe Paradis, n'a pas donné suite à l'appel du Soleil laissé à son bureau de Saint-Romuald.
Un travail mal préparé, selon la CSST
La CSST a déjà une idée sur ce qui a provoqué cette volée de roches survenue à Boischatel. Selon Lucie Michaud, porte-parole de la CSST, les employés de Forage Dynami-Tech auraient dû enlever à la pelle mécanique une couche de roches friables de 8 à 10 pieds d'épaisseur dans la zone de dynamitage avant d'y aller avec la méthode forte. Comme cette première couche de roches était déjà fragilisée, il est normal qu'elle ait volé partout au moment de l'explosion. «Il y a sûrement d'autres causes à cet accident, indique Mme Michaud. Ce chantier ne pourra pas reprendre tant que nous ne connaîtrons pas toutes les causes de cet accident et tant que la compagnie ne nous aura pas soumis un plan de sautage approuvé par ingénieur.» La porte-parole rappelle que des inspecteurs de la CSST avaient visité ce chantier de la rue de la Silice, ainsi que d'autres de Dynami-Tech à Boischatel au début du mois de mai, et que tout semblait en ordre. Forage Dynami-Tech s'expose à des lourdes amendes à la suite de cet incident. La compagnie devra déjà se défendre d'une volée de roches qu'elle a provoquée à la carrière d'Unibéton, en août 2008, où des maisons de Beauport avaient été touchées. Et la CSST pourrait poursuivre l'entreprise pour les incidents d'hier. Une première offense entraîne une amende maximale de 20 000 $, alors qu'une récidive peut coûter jusqu'à 50 000 $. Â












