Le camp Villanueva invite Dupuis à se taire

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Le camp Villanueva invite Dupuis à se taire

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La mère et le frère de Fredy Villanuev.

La Presse canadienne

 

Bernard Barbeau
La Presse Canadienne
Montréal

 Le dialogue de sourds se poursuit au sujet de l'enquête sur l'affaire Villanueva. Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a beau brandir un rameau d'olivier, il apparaît de plus en plus clair que le dossier n'avancera pas d'un centimètre tant qu'il y sera associé.

Mercredi matin, près de 24 heures après que la famille et les amis de Fredy Villanueva eurent indiqué qu'ils tenaient mordicus à la constitution d'une commission d'enquête, le ministre Dupuis leur a demandé de lâcher du lest et de participer à l'enquête du coroner ad hoc Robert Sansfaçon.

Très vite, il a été invité à ne plus dire un mot par un représentant du camp Villanueva, l'avocat Alain Arsenault.

«Il nous a fait perdre six mois avec ses niaiseries, a vociféré Me Arsenault en entrevue. Je pense qu'il jette délibérément de l'huile sur le feu. Peut-il se taire? Y a-t-il quelqu'un d'autre qui pourrait nous parler?»

Le Parti québécois (PQ), l'Action démocratique (ADQ) et Québec solidaire ont tous dit souhaiter que le premier ministre Jean Charest retire le dossier des mains du ministre de la Sécurité publique. «Je crois que M. Dupuis a failli à la tâche», a laissé tomber la péquiste Pauline Marois, chef de l'opposition officielle.

Les trois partis de l'opposition voudraient que le dossier soit plutôt confié à sa collègue à la Justice, Kathleen Weil.

Me Arsenault a estimé qu'il s'agirait effectivement d'une interlocutrice valable. «C'est une excellente idée», a-t-il dit, en refusant de s'arrêter au fond de la déclaration de M. Dupuis.

«Je vais attendre un appel d'une personne en autorité pour discuter, a-t-il annoncé. Le ministre Dupuis n'a plus cette autorité pour quoi que ce soit. Je ne répondrai pas aux remarques du ministre Dupuis.»

Jacques Dupuis a souligné qu'il avait lui-même mis de l'eau dans son vin en acceptant finalement de payer les honoraires d'avocats des deux jeunes hommes blessés par balles au moment de la tragédie, Denis Meas et Jeffrey Sagor Metellus.

«Le coroner a déjà indiqué qu'il avait une latitude pour accepter un certain nombre de questions. On ne se contera pas beaucoup d'histoires, des questions sur le profilage racial, etc», a fait valoir M. Dupuis.

Quand on lui a demandé s'il écartait complètement la possibilité de créer une commission d'enquête, M. Dupuis est demeuré évasif. «Faisons l'enquête du coroner, puis on verra», a-t-il dit.

Mardi, la famille Villanueva et MM. Meas et Sagor Metellus avaient déjà clairement indiqué qu'il n'était aucunement question pour eux de participer à l'enquête du coroner. Le porte-parole de leurs avocats, Me Arsenault, avait expliqué que tous tenaient à ce que soit constituée une commission d'enquête.

Patricia Villanueva, la soeur de Fredy, avait également affirmé qu'elle ne faisait plus du tout confiance à M. Dupuis, préférant s'adresser directement à Jean Charest.

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