Accusé de voies de fait sur son bébé

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Un homme de 27 ans qui s'en serait pris physiquement à son enfant de moins d'un an à maintes reprises entre les mois d'août 2008 et d'avril 2009 a été officiellement accusé de voies de fait sur son fils, hier matin, au palais de justice de Québec.

L'avocate de la Couronne au dossier, Carmen Rioux, a formellement accusé l'individu lors d'une courte comparution. L'individu a pu demeurer en liberté pour la suite de son procès, mais il n'a pas le droit de se retrouver seul avec des mineurs, incluant son fils. Sa cause a été remise au 22 juin.

Celui qui possède un lourd passé criminel en matière de harcèlement psychologique, de vols et de vols qualifiés aurait notamment commis ces gestes de violence dans l'appartement du secteur Courville (Beauport) qu'il partageait avec la mère du petit. Au cours de sa carrière criminelle, cet homme a reçu des sentences variant entre six mois et cinq ans d'emprisonnement.

C'est la soeur de la mère du poupon (Éric, nom fictif) qui a porté plainte à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le 16 avril dernier, après que deux marques furent apparues sur les joues du poupon la veille. Le 15 avril au soir, la mère (Julie, nom fictif) s'est aperçue de la présence de ces ecchymoses. Le suspect gardait très régulièrement l'enfant quand la dame travaillait le soir.

Alors que la famille immédiate de la mère avait déjà des soupçons sur les agissements présumés du père, la soeur de Julie a décidé d'appeler la DPJ afin de porter plainte après une rencontre avec la grand-mère de l'enfant, qui gardait Éric ce même 16 avril. La présence de ces deux marques au visage s'est avérée l'élément confirmant ce que les membres de la famille pensaient : le père pourrait s'en être pris physiquement à son enfant.

À la suite de l'évaluation médicale réalisée le 17 avril, pas moins de 13 points d'impact ont été détectés par le médecin sur le corps d'Éric. Le reste de l'enquête menée par la police de Québec, incluant un interrogatoire avec le père, a permis de regrouper les éléments de preuve nécessaires au dépôt de la plainte.

À la suite de cet interrogatoire réalisé plus tard au mois d'avril, le suspect a été remis en liberté, avec des engagements à respecter. Il n'avait pas le droit d'être le seul adulte en présence de mineurs, ce qui inclut son fils.

L'homme âgé dans la vingtaine a bien tenté de lever, selon la mère, l'interdiction lui empêchant de voir son fils au Tribunal de la jeunesse, mais sa demande lui a été refusée pour le moment.

Expulsé

Depuis cette rencontre avec les policiers, la mère de l'enfant a expulsé son ex-conjoint de son appartement. Selon la mère, l'individu habiterait maintenant à Saint-Romuald.

Le suspect ne pourra pas être nommé par les médias qui vont couvrir les procédures judiciaires. La procureure de la Couronne a demandé au tribunal une ordonnance de non-publication du nom de la victime. Si les médias devaient révéler l'identification du père, ils feraient donc la même chose indirectement pour le fils.

L'enfant se porte bien et ne devrait pas présenter de séquelles physiques ou au cerveau à la suite des gestes que son père aurait commis sur sa personne.

Présentement, l'enfant est sous la garde de la grand-mère maternelle. La DPJ complète son enquête afin de voir si la mère peut bien s'occuper de son fils. Ce type d'investigation sur la mère est souvent mené quand un enfant est malmené dans son milieu familial direct.

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