Une femme de 54 ans rejetée par l'École de technologie supérieure de Montréal

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Une femme de 54 ans rejetée par l\'École de technologie supérieure de Montréal

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L'École de technologie supérieure à Montréal

Photothèque Le Soleil

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Même détentrice d'une maîtrise et cumulant 25 ans d'expérience dans ce domaine, une femme de Sainte-Foy âgée de 54 ans a vu l'École de technologie supérieure (ETS) de Montréal, affiliée à l'Université du Québec, rejeter dès l'étape de la présélection sa candidature à un poste d'agente d'information.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a analysé la plainte de la quinquagénaire et déterminé qu'elle avait été victime de discrimination fondée sur l'âge.

Comme mesure de redressement, la Commission a proposé à l'ETS de verser à la dame une somme de 12 000 $, soit 5000 $ à titre de perte de chance et 7000 $ à titre de dommages moraux. L'établissement avait jusqu'au 1er mai pour s'exécuter mais n'a pas versé un sou à la plaignante.

Refus

«Ils refusent la décision et la contesteront devant le Tribunal des droits de la personne», déplore la plaignante, qui préfère garder l'anonymat afin de ne pas nuire à ses présentes démarches de recherche d'emploi. «C'est dommage car il s'agit d'un organisme public et que c'est avec l'argent de nos taxes qu'ils iront devant les tribunaux.»

«De la discrimination basée sur l'âge, il y en a beaucoup plus que vous le pensez. On pourrait même dire que ça se pratique à haute échelle au Québec! S'il y a pénurie de travailleurs, comment se fait-il que des personnes dans la cinquantaine, bien formées et avec un bon bagage d'expérience, peinent à trouver du travail?», poursuit-elle.

«Candidature junior»

L'enquête de la Commission des droits de la personne a révélé que le poste d'agent d'information convoité par la dame était destiné à des candidats ayant «un profil de candidature junior qui allait s'intégrer à l'équipe en place», qui comptait des employés de 16 et 24 ans d'expérience. La personne embauchée devait remplacer une personne qui comptait trois ans d'expérience.

Trop qualifiée?

C'est finalement une personne de 34 ans qui a décroché le poste, l'ETS ayant déclaré lors de l'enquête que la femme de Sainte-Foy présentait une formation «beaucoup trop élevée par rapport à ce qui était recherché» et que son profil de scolarité était «de beaucoup supérieur au poste à combler».

La Commission a ainsi estimé que les éléments pris en compte aux fins de la présélection des candidats au poste d'agent d'information sont de nature à désavantager de manière indirecte les personnes plus âgées et que la preuve ne permettait pas d'établir de lien rationnel entre l'accomplissement des tâches relevant du poste à pourvoir et «un profil de candidature junior qui allait s'intégrer à l'équipe en place».

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