Danielle McNeill, une résidante du secteur, a vu des oiseaux «tomber comme des mouches» en sortant de chez elle.
Le Soleil, Laetitia Deconinck
Vers 10h, des résidants du secteur ont constaté que plusieurs cadavres de quiscales bronzés jonchaient le sol alors que d'autres oiseaux blessés agonisaient.
«Quand je suis sortie de chez moi, des oiseaux tombaient du ciel et des arbres. Ils tombaient comme des mouches! C'était horrible et aussi très triste! Ils criaient et certains saignaient car ils s'étaient blessés en tombant», explique Danielle McNeill, soulignant que des oiseaux morts avaient été retrouvés jusqu'à la 5e Avenue.
«Comme il y a beaucoup de chats dans le quartier, tout le monde était inquiet. Un chat avait attrapé l'un des oiseaux morts et mon gendre a couru après pour qu'il le lâche. Nous avons aussi des chiens de chasse, alors je peux vous dire qu'il n'était pas question qu'ils sortent aujourd'hui!», poursuit-elle.
Film d'horreur
Un autre résidant du secteur, Jean Blouin, a été surpris lui aussi lorsqu'il s'est rendu prendre l'autobus tôt hier matin. «Il y avait un oiseau mort dans l'abri d'autobus de la 1re Avenue et il y en avait un autre 10 pieds plus loin. Je me posais des questions car je n'avais jamais vu ça avant.»
Manon Tremblay et son copain François Poirier parlaient pour leur part d'une atmosphère de film d'horreur qui régnait dans le secteur. «J'ai vu un oiseau tomber et je croyais qu'il s'était cassé une aile. Nous sommes sortis pour essayer de l'aider mais on s'est rendu compte qu'il y en avait partout! Ils essayaient de s'envoler mais ils en étaient incapables», explique-t-elle.
Craignant qu'une fuite de gaz soit à l'origine du décès des volatiles, les pompiers de Québec se sont rendus sur place. «C'est la première fois que j'étais témoin de ça! On en a trouvé une quarantaine dans ce secteur et il y en avait aussi sur d'autres terrains un peu plus loin», raconte Jacques Rochon, chef aux opérations.
Empoisonnés
Après vérification, les pompiers ont toutefois découvert que la cause de l'hécatombe provenait plutôt d'une des maisons du secteur. «Les propriétaires avaient un problème avec les pigeons et ils avaient demandé à une compagnie d'extermination d'utiliser un composé organique pour les éloigner», poursuit M. Rochon.
Le composé en question, l'aminopyridine 4, devait désorienter les pigeons et les éloigner du secteur, mais il semblerait qu'il ait plutôt agi comme un poison sur les quiscales bronzés, des oiseaux de plus petite taille. «Le composé avait été mis dans des mangeoires contenant du maïs installées sur le toit de la maison», poursuit le chef des pompiers, ajoutant que la compagnie d'extermination s'était chargée de récupérer les carcasses d'oiseaux.
L'usage de l'aminopyridine 4 comme agent de contrôle de la faune aviaire est controversé et a déjà été dénoncé par la Humane Society of the United States, un organisme de protection des animaux, à la suite d'incidents du genre survenus à New York et à Phoenix en 2007.
En 2000, des oiseaux morts avaient également été découverts près de mangeoires dans Portneuf. Les volatiles avaient ingurgité des grains de maïs empoisonnés à la strychnine par des gens qui souhaitaient éliminer les pigeons. Les empoisonneurs avaient fait l'objet de poursuites.
Hier soir, les résidants identifiés par leurs voisins comme étant à l'origine de l'empoisonnement des dizaines d'oiseaux ont refusé de répondre aux questions du Soleil, claquant la porte au nez du journaliste.











