Patrouille policière en famille

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Patrouille policière en famille

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Après 31 ans au service de la police de Québec, Louis Bernard voulait s'offrir un quart de travail avec son fils Hugo avant de prendre sa retraite.

Le Soleil, Erick Labbé

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Après avoir occupé un poste d'enquêteur durant 18 ans, Louis Bernard est retourné à la patrouille, au cours de l'après-midi et de la soirée de jeudi, pour un seul quart de travail afin d'accomplir un objectif qui lui était cher  : faire de la patrouille avec son fils Hugo avant de prendre sa retraite dans sept mois.

Louis Bernard a travaillé presque toute sa carrière de 31  ans à la police de Québec, dont 18  ans comme enquêteur. Les 15  dernières l'ont été dans le domaine des agressions sexuelles. Son fils travaille au Service de police de Québec depuis près d'une année. Avant de partir, il voulait vivre les mêmes sentiments et relever les mêmes défis que son garçon de 25 ans lors d'une soirée de patrouille.

«C'était important, car, en entrant dans la police, mon fils a fait ses propres traces, mais il a un peu suivi les miennes dans un certain sens», indique l'homme de 52  ans. «Cette soirée de patrouille vient donc boucler la boucle.»

Il raconte que des collègues, qui ont pu faire de la patrouille avec leur enfant, lui ont déjà dit de tout faire en son pouvoir pour vivre cette expérience avec son fils. «Ils m'ont dit que je ne pouvais pas passer à côté de ça.»

Pas trop tranquille...

Louis Bernard ne voulait pas réaliser cet objectif dans le contexte d'un quart de travail tranquille, mais bien dans le feu de l'action. Il devrait avoir été servi, car leur secteur de couverture jeudi était Limoilou, où «tout peut arriver», indique Hugo.

«Je ne voulais pas nécessairement une soirée tranquille, affirme Louis Bernard. Je voulais une soirée où on répondrait à des appels, pour que je puisse faire face à certains événements avec lui.»

«Quand je suis allé chercher mes uniformes lundi, je me sentais comme un jeune policier fébrile et content d'entreprendre sa première journée», a-t-il ajouté, un peu plus tard, au cours de l'entrevue.

Comme certains collègues policiers l'ont fait, Hugo n'a pas pu s'empêcher de taquiner son paternel sur son retour à la patrouille. «J'espère juste qu'on n'aura pas à courir après personne», a-t-il lancé à son père. «Je joue au tennis avec lui et je sais qu'il ne court pas vite, vite!»

Blague à part, Hugo était lui aussi très heureux de passer cette soirée de boulot avec son père, surtout que le travail de patrouilleur, il «en mange». Même si ses coéquipiers et supérieurs ont tenté de lui cacher jusqu'à la dernière seconde ce qui se tramait pour la soirée, Hugo a eu la puce à l'oreille quand il a vu des représentants des médias dans la salle de briefing du parc Victoria, tout juste avant le début de son quart de travail.

«Je me doutais que cette journée de patrouille avec mon père arriverait un jour, mais je ne pensais pas que ce serait aujourd'hui», souligne le jeune homme.

«C'était particulier de le voir en uniforme, car ça faisait 18  ans que je ne l'avais pas vu comme ça», a-t-il ajouté, plus tard dans l'entrevue.

À la retraite, Louis Bernard pourra s'adonner à une de ses activités favorites, le tennis. Il compte bien demeurer impliqué dans le domaine policier en enseignant à l'École nationale de police.

«Je crois qu'on demeure policier toute notre vie», conclut Louis Bernard.

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