L'ancien pdg de Norbourg, qui a plaidé coupable à 200 accusations de fraude, fabrication de faux, complot et recyclage des produits de la criminalité, a lu lors de son témoignage des extraits de la lettre qu'il avait fait parvenir aux médias plus tôt cette semaine.
«Je l'ai peut-être réalisé tardivement, mais je regrette infiniment ce que j'ai fait», a-t-il déclaré devant le juge Richard Wagner, de la Cour supérieure.
«Je vous demande 9200 fois pardon. Vos colères et vos frustrations me hantent. Mon objectif est de vous aider à retrouver vos épargnes. Englouti par les chiffres, j'ai oublié mon côté humain», a-t-il ajouté.
Auparavant, Vincent Lacroix avait expliqué comment il avait été appelé à travailler sur son empathie et sur la reconnaissance de l'impact et de la gravité de ses gestes alors qu'il était détenu.
Il a dit avoir subi un lynchage public de la part de l'Autorité des marchés financiers (AMF) lors de son procès pénal, mais a affirmé avoir toujours reconnu sa culpabilité. Il a ajouté qu'il n'avait tout simplement pas été capable de la plaider puisqu'il ne pouvait s'entendre avec l'AMF sur une peine «légale», c'est-à-dire une sentence maximale de cinq ans moins un jour, qu'il a finalement réussi à obtenir après deux appels.
Vincent Lacroix a longuement fait valoir sa collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les syndics au dossier et les autres instances.
Le célèbre criminaliste Jacques Larochelle avait même été appelé à témoigner par l'avocate de Lacroix, pour confirmer que ce dernier avait pleinement collaboré au recours collectif des victimes piloté par Me Larochelle.
Le procureur de la Couronne, Me Serge Brodeur, ne s'est toutefois pas laissé émouvoir par le témoignage de Lacroix. Il a fait le décompte des investissements réalisés par Lacroix pour conclure qu'il manque toujours plusieurs dizaines de millions de dollars dont personne n'a trouvé trace.
Me Brodeur a également repris des éléments du témoignage de Lacroix, lui reprochant de toujours avoir une explication, une justification pour ses actions.
Le procureur a ensuite produit une décision de la Commission nationale des libérations conditionnelles datée du 17 septembre dernier dans laquelle il est indiqué que Vincent Lacroix a encore beaucoup de travail à faire au niveau de l'empathie et de la compréhension de la gravité des gestes posés envers les victimes.
L'avocat a mis en relief le fait que la Commission voit toujours la nécessité d'une démarche introspective sincère et que la «redéfinition» de Vincent Lacroix représentait un défi de taille.
«Je n'ai pas dit que j'avais complètement changé, a répondu Vincent Lacroix. Il reste du travail à faire.»










