En 2008, on a dénombré neuf morts et 711 blessés dans ce groupe d'âge. Et oh! petite surprise, viennent ensuite les 45 à 54 ans, dont 454 d'entre eux ont subi des lésions. C'est toutefois chez les 75 ans et plus que l'on trouve le plus grand nombre de décès avec 12, bien que ce groupe d'âge soit parmi ceux où il y a le moins d'accidentés, avec 260. Les 35 à 44 ans font plutôt bonne figure en comparaison aux autres groupes d'âge, avec seulement trois décès et 352 accidentés.
Au total l'année dernière au Québec, 3267 piétons ont été victimes d'un accident avec une voiture ou un camion, 279 ont subi des blessures graves et 71 ont perdu la vie. Si des progrès sont enregistrés depuis quelques années, du chemin reste à faire pour améliorer la sécurité de tous, admet Lise Tourigny, porte-parole de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), qui lançait lundi son opération annuelle Bon pied, bon oeil, qui se tiendra jusqu'au 25 octobre. «Depuis 2007, on a constaté une baisse des décès de 6,9 %. Mais il y a encore trop de victimes.»
En collaboration avec la SAAQ, les services policiers de plusieurs villes du Québec mèneront durant le prochain mois des opérations de sensibilisation auprès des piétons et des automobilistes afin d'inciter chacun à respecter le Code de la sécurité routière et surtout à se montrer prudents envers l'autre en gardant un contact visuel avec lui. Des constats d'infraction pourraient être émis dans les deux dernières semaines de la campagne. L'an dernier, dans la région de Québec, deux piétons sont morts à la suite d'une collision avec un véhicule et 24 ont été grièvement blessés. En moyenne, 250 personnes par an se font heurter par une auto, un camion ou un autobus à Québec.
La faute aux piétons?
Selon le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, on aurait tort de jeter la pierre trop rapidement aux piétons. Bien sûr, ces derniers sont souvent «délinquants» et ne respectent pas toujours le règlement en grillant allègrement les feux rouges et en traversant la rue où bon leur semble. Mais il faut garder en tête que les villes n'ont pas été conçues pour eux, mais en fonction de la reine automobile. «Quand on a construit la majorité des infrastructures routières dans les années 50 et 60, on ne pensait qu'à développer au coton. Il n'y avait pas de passages piétonniers. On disait "ils passeront quand il n'y aura pas d'autos''. Aujourd'hui, on est en rattrapage et on veut favoriser le piéton, mais les infrastructures d'origine sont encore là .»
Résultat, les piétons, comme les cyclistes, affichent leur révolte. «Ils se disent : "Vous n'avez pas pensé à nous, alors tant pis!''», lâche M. De Koninck, qui reconnaît que dans environ 55 % des cas, c'est le piéton qui est fautif. «Mais quand l'automobiliste redevient piéton, il adopte les comportements délinquants du piéton contre qui il venait de chialer!»
Heureusement, les villes sont plus soucieuses de bien organiser les nouvelles infrastructures pour favoriser une plus grande sécurité pour tous. «Les sorties principales des nouveaux édifices ne sont pas situées entre deux feux, mais au coin de la rue, près d'un passage piétonnier. C'est un détail extrêmement important. La règle d'or demeure l'éducation. Je suis un prof, j'y crois.»












