Le jeune homme de 17 ans, dont nous ne pouvons pas révéler l'identité, était détenu depuis son arrestation, samedi. Il fait face à des accusations de conduite dangereuse causant des lésions, de voies de fait armées, de menaces de mort et de délit de fuite.
Mercredi, à la chambre de la jeunesse du palais de justice de Québec, le juge Alain Turgeon a permis à l'accusé de retrouver sa liberté s'il respectait des conditions sévères d'encadrement parental. Pour le convaincre, l'avocat de la défense, Me Yves Savard, a fait témoigner le père du jeune homme, qui a suggéré lui-même des mesures d'encadrement. Sa mère, qui a aussi témoigné, n'a pu s'empêcher de verser quelques larmes pendant que son mari s'expliquait au juge.
Conditions sévères
Durant toute la durée des procédures judiciaires, l'accusé ne pourra plus conduire et devra se trouver à son domicile en tout temps, sauf pour aller à l'école ou travailler. S'il se trouve ailleurs, il devra toujours être accompagné de ses parents. À la suggestion de ces derniers, il n'aura plus accès au téléphone et ne pourra plus clavarder sur un ordinateur. Aussi bien dire qu'il restera en «détention à domicile», a estimé le juge Turgeon.
Regardant droit devant lui durant toute l'enquête sur sa remise en liberté, le jeune homme de 17 ans s'est engagé à respecter les conditions imposées par le juge. Ses parents ont pour leur part promis au juge de dénoncer leur fils s'il ne les respectait pas.
Le jeune homme n'avait pas d'antécédents judiciaires, mais était déjà en processus de sanction pour un vol à l'étalage. Qualifiant de «graves» les accusations qui pèsent sur lui, le juge Turgeon a réfléchi tout haut sur la gratuité des délits reprochés. «Quand on voit des gestes comme celui-là, on se demande où notre société libre et démocratique s'en va, a-t-il dit. Si on n'est plus capable de se déplacer dans la rue sans se faire frapper par quelqu'un qui cherche un trip...»
Autre accusation
En vertu d'une ordonnance de non-publication, il nous est impossible de révéler la preuve exposée mercredi par le procureur de la Couronne, José Rhéaume, concernant la série de délits que le jeune homme est accusé d'avoir commis à Lévis en fin de semaine et le 30 septembre, pour une autre accusation de conduite dangereuse.
Samedi soir, quatre jeunes à bord d'une voiture, dont le conducteur de 17 ans, auraient heurté volontairement un piéton, en plus de proférer des menaces de mort gratuites à des adolescents, de tenter de faire perdre à plusieurs automobilistes la maîtrise de leur véhicule et de lancer des bouteilles sur des automobiles. Arrêtés vers 1h30 dimanche, les suspects ont avoué candidement aux policiers de Lévis s'être amusés à heurter quelqu'un et à intimider des gens choisis au hasard, «juste pour faire des blagues et pour voir ce que ça faisait de blesser une personne».
Libérés après leur arrestation, les trois autres jeunes qui se trouvaient à bord de la Honda Civic rouge n'ont encore fait face à aucune accusation. La police de Lévis poursuit son enquête.











