30 mois de prison pour un pédophile

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Un septuagénaire qui a plaidé coupable à des accusations d'avoir eu des... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Richard Hénault
Le Soleil

(Québec) Un septuagénaire qui a plaidé coupable à des accusations d'avoir eu des contacts sexuels à des centaines de reprises avec une fillette lorsqu'elle était âgée de 4 à 11 ans a été condamné mercredi à une peine de 30 mois de pénitencier.

Les crimes de Jean-Guy Vallerand ont été commis entre 1998 et 2005. Durant les cinq premières années, il a touché la vulve de l'enfant à une fréquence d'une ou deux fois par semaine, selon la victime.

Bien qu'il ne se souvienne pas de l'incident, l'homme de 73 ans a reconnu l'avoir incitée à lui toucher le pénis. Il ne s'est décidé à plaider coupable que le matin même où son procès devait s'amorcer. «Je m'excuse aux parents et à la famille, a déclaré l'accusé. Je suis pas un gars de cet ordre, je sais pas ce qui m'est arrivé et j'en suis pas fier. J'suis pas réellement ce qu'on pense. J'ai du gros regret.»

Malheureusement pour le pédophile, le juge Christian Boulet n'a pas cru à ses remords. Après avoir vu dans ses crimes une «bad luck» ou un «accident», selon ce qu'il a déclaré à l'agent de probation, Vallerand ne pouvait être sincère, estimait le magistrat. Il n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler au septuagénaire que, commis contre une enfant de cet âge, ses gestes constituaient une forme de violence psychologique importante.

La procureure de la Couronne, Me Nadine Dubois, suggérait au juge Boulet d'infliger au pédophile une peine d'au moins deux ans d'incarcération. Elle a souligné que dans le rapport présentenciel de Vallerand, l'agent de probation Nicolas Migué signalait d'importantes distorsions cognitives se dégageant de ses propos.

Il a soutenu que ses gestes se voulaient affectueux, ajoutant qu'il n'avait pas volé la virginité de l'enfant et qu'il ne lui avait pas fait de mal. Aussi croit-on que Vallerand aura besoin d'une longue thérapie et qu'il présente un risque de récidive de faible à élevé.

Sans séquelles

De son côté, l'avocat de l'accusé, Me François Cauchon, a indiqué qu'après que la victime eut dénoncé son abuseur, il a tenté de mettre fin à ses jours, puis il s'est mis à boire davantage. Dans son esprit, Vallerand ne voulait pas faire de mal à l'enfant, estimait son avocat. Outre les séquelles inhérentes à ce genre de délit, aucune preuve n'a été faite que la victime souffre aujourd'hui de séquelles particulières, a aussi souligné Me?Cauchon.

En plus de la peine d'incarcération, le juge a ordonné le prélèvement d'échantillons de substances corporelles pour analyse génétique et a enjoint au pédophile de se soumettre durant 20 ans à la Loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels. Enfin, il lui sera interdit durant 10?ans de se rendre à des endroits fréquentés par les enfants et d'occuper un emploi auprès d'eux.

En 1985, Vallerand avait été con­damné pour vol et, en 1991, il l'a été pour avoir sollicité une personne à se prostituer.

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