Justin James Savereux, tout juste 19 ans, a embrassé sa mère le soir du dimanche 6 septembre, la veille du congé de la fête du Travail, et a quitté la maison vers 22h. De bonne humeur, il allait rejoindre un nouvel ami avec qui il étudiait depuis une dizaine de jours au Collège Bart, en programmation de jeux vidéo, sa passion. Pour une rare fois, il sortait prendre un verre avec des amis.
Justin était de retour au Québec depuis un an après un séjour de 10 ans en Europe où ses parents travaillaient pour l'OTAN. C'est la première fois qu'il sortait en ville avec des amis. Il avait dit à sa mère qu'il reviendrait vers 3h, mais l'histoire tourne court. Vers 2h45, on trouve le jeune homme sans vie, au pied du viaduc de l'autoroute Dufferin, à la hauteur du palais de justice de Québec. Depuis ce jour, la police de Québec et les parents de Justin tentent de refaire le fil exact des événements et, surtout, d'expliquer les circonstances de cette mort insensée.
«L'ignorance tue plus que la connaissance, ça nous gruge par en dedans.» La mère de Justin, Michelle Guillou, veut savoir, quelle que soit l'explication. Paul Savereux, le père du jeune homme, aussi.
En fait, sa famille - tissée serré, ses soeurs, Allison, 12 ans, et Emily, 20 ans, de même que les amis de Justin, s'interrogent. Pour eux, cette mort est difficile à accepter d'autant plus que pour l'instant, rien ne l'explique. Depuis la nuit fatidique, la police poursuit son enquête, rencontre la famille, les amis présents ce soir-là et même ceux qui n'y étaient pas. Les circonstances de la mort de Justin Savereux sont toujours nébuleuses, c'est pourquoi la police et la famille sollicitent maintenant l'aide de la population.
Ce qu'on sait, c'est que le jeune homme, grand marcheur, au lieu de prendre l'autobus en quittant ses amis près de place D'Youville, à la fin de la soirée, a décidé de remonter le chemin vers chez lui à pied, en prenant l'autoroute Dufferin, suivant en sens inverse le trajet d'autobus qu'il faisait les jours de semaine. Concernant ce point, ses parents admettent qu'il a joué d'imprudence. Pour le reste, les circonstances de sa chute de plus de 12 mètres demeurent totalement inexpliquées. M. Savereux et Mme Guillou imaginent également que leur fils avait dû boire un peu d'alcool avec ses amis, mais les analyses toxicologiques n'ont pas encore livré leurs résultats. Une voiture a-t-elle frôlé le jeune homme sur la route, le déséquilibrant? Toutes les pistes sont examinées.
Aussi, difficile de ne pas aborder avec eux l'hypothèse d'un suicide, mais les parents n'y croient pas. Justin était, au dire de tous ses proches et amis, un jeune homme heureux, affectueux, sans déboires amoureux, extraverti, sportif, dont le comportement n'avait pas du tout varié récemment. Le père et la mère sont lucides. «Si on pensait une seconde que ça pouvait être un suicide, on pleurerait en privé et on ferait notre deuil en silence. On ne ferait pas tout ce travail pour rien avec les policiers.» Pour Paul Savereux, il y a forcément une autre explication. «Justin est mort avec des bonbons dans la bouche, il en avait plein les poches. Est-ce qu'on décide de se suicider en croquant des bonbons?»
La disparition subite du jeune homme a vraiment pris tout le monde par surprise, même à son lieu de travail. Justin travaillait à temps partiel au magasin Sears de Place Fleur-de-Lys, un environnement de travail qu'il adorait et où il était très apprécié. Selon Mme Guillou, des psychologues ont même dû intervenir sur place, pour aider ses copains. «Justin avait même un projet de carrière, dans son domaine du jeu vidéo, avec un collègue du magasin. Il n'avait que ça, des idées et des projets...»
La perte d'un enfant est un cauchemar, et les Savereux-Guillou estiment actuellement en vivre deux, le départ d'un garçon aimé et le fait de ne pas connaître les circonstances de cette mort. «Ça nous empêche de "fermer" l'événement de sa mort et de vivre pour de bon le départ de notre enfant.» Les parents espèrent maintenant que l'appel à la population par l'entremise des médias donnera des résultats et, qui sait, pourra les aider à pleurer en paix le départ d'un fils adoré, parti trop jeune.











