Procès d'Eugène Godbout: une histoire qui divise la famille

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Guy Benjamin
Le Soleil

(Québec) Les affaires d'abus sexuels dans une famille, ça se règle à l'intérieur de la famille, pas devant les tribunaux. Voilà le point de vue de Jacinthe Godbout, qui témoignait lundi pour la défense de son père. Eugène Godbout subit son procès depuis cinq jours et doit répondre à 14 accusations relatives à des agressions sexuelles et à des gestes de violence physique contre deux de ses filles.

Le témoin est la jeune soeur de Nancy Godbout et la demi-soeur de Lucie Blais, deux des plaignantes dans le dossier. La jeune soeur a affirmé lundi n'avoir jamais été témoin de gestes déplacés de son père envers les deux plaignantes.

De toute évidence, cette histoire qui a commencé dans les années 70 divise la famille. Jacinthe Godbout a vécu de vives émotions lundi, pleurant à chaudes larmes, et répétant à plusieurs reprises qu'elle en avait assez de cette histoire.

«Je ne suis plus capable»

«Toute ma vie, j'en ai entendu parler. Je ne suis plus capable de vivre avec ça», de dire la femme.

Une image lui trotte dans la tête. Alors qu'elle était toute jeune, quatre ou cinq ans, sa mère était couchée sur le dos, et son père était sur elle et la frappait à coups de poing. Mais elle est incapable de dire si cela s'est vraiment produit ou si elle s'est forgée cette image à force d'entendre parler des violences qu'aurait commises son père. «Je m'en suis tellement fait dire sur mon père.»

«Mon père a toujours été correct avec moi», a insisté le témoin. La femme a reconnu qu'elle aurait préféré ne pas avoir à témoigner. Souhait dont elle avait fait part à son père. Mais elle a été convoquée par la défense. Elle aurait préféré que cette affaire se règle en famille.

Le premier témoin entendu pour la défense a été le frère de l'accusé. Jean-Paul Godbout a affirmé n'avoir jamais eu connaissance de gestes déplacés de son frère. Mais il a admis qu'il ne posait pas de questions, et qu'il n'était pas du genre à se mêler des affaires des autres.

Le témoin a reconnu que sa conjointe n'aimait pas son frère Eugène. Mais il ne lui a jamais demandé pourquoi.

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