Le Soleil révélait dans sa livraison de vendredi dernier qu'une voiture suivait à haute vitesse celle d'Anthony Drouin, quelques instants avant que la Mazda5 du jeune Drouin ne tue Marie Faucher et Louis Vaillancourt dans leur sommeil, le 4 octobre dernier vers 4h du matin, alors qu'il a défoncé le mur de leur chambre à coucher avec son bolide.
Patricia Pouliot, une employée du restaurant Tim Hortons situé sur la 6e Avenue, à moins d'un kilomètre de l'immeuble à logements touché par l'accident, disait avoir vu passer M. Drouin et un autre véhicule quelques instants avant la collision qui a aussi provoqué la mort d'Anthony Drouin. Une cinquantaine de mètres séparaient les deux véhicules qui filaient facilement au-dessus des 100 km/h, selon Mme Pouliot.
Par l'entremise de son porte-parole, Mario Thiboutot, le Service de police de Saint-Georges avait assuré que ce témoin serait rencontré. La police disait ne pas être au courant de la présence de cet autre véhicule. Mme Pouliot jure ne pas avoir reçu la visite d'enquêteurs de la police de Saint-Georges à la suite des déclarations qu'elle a faites au Soleil.
«Personne ne m'a appelée à la police de Saint-Georges de Beauce pour connaître ma version», a-t-elle déclaré au Soleil lorsqu'il l'a jointe pour savoir si elle avait rencontré des enquêteurs.
Le son de cloche était le même du côté de Francis Cossette, un livreur de 44 ans du Journal de Québec. Le matin de l'accident, il distribuait ses journaux dans le secteur où s'est produite la sortie de route. Il estime qu'il était à une distance de 600 m des lieux de la tragédie au moment de l'impact. Tout juste avant l'accident, il est convaincu d'avoir entendu deux bruits de moteur distincts tourner à plein régime. Comme si deux véhicules roulaient à haute vitesse sur la 6e Avenue.
«J'ai commencé à entendre le bruit des deux moteurs entre 5 et 10 secondes avant que la voiture n'entre dans le mur du bloc à appartements, a indiqué M. Cossette au Soleil, la semaine dernière. Immédiatement après l'impact, tout est devenu silencieux.»
M. Cossette n'a toujours pas eu de contacts avec un ou des enquêteurs de la police de Saint-Georges. «Je suis connu à Saint-Georges de Beauce et j'ai même des amis dans la police. S'ils souhaitent me parler, ils savent où me trouver.»
Examen toxicologique
Rappelons qu'à la suite de cet accident, un ou des comprimés de speeds avaient été retrouvés sur le défunt Anthony Drouin, 17 ans, lors de son passage à l'hôpital de Saint-Georges ou à l'Hôpital l'Enfant-Jésus de Québec. Rien ne prouve pour le moment qu'il avait consommé de cette drogue dans les heures précédant l'accident. Seul l'examen toxicologique qui a été fait sur sa dépouille démontrera s'il avait absorbé ou non cette substance.
En fin de soirée, hier, un enquêteur de la police de Saint-Georges qui travaille sur cette histoire a refusé d'expliquer pourquoi ces deux témoins n'avaient toujours pas été rencontrés.










