La Cour d'appel libère Guillaume Camiré

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En octobre 2006, dans un rang de Saint-Bernard,... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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En octobre 2006, dans un rang de Saint-Bernard, Guillaume Camiré, alors âgé de 19 ans, a heurté un adolescent de 15 ans circulant à mobylette.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Richard Hénault
Le Soleil

(Québec) La peine de 30 mois de pénitencier infligée le mois dernier à Guillaume Camiré excède substantiellement la fourchette de peines apparaissant dans la jurisprudence pour les automobilistes ayant fui les lieux d'un accident ayant causé la mort. C'est entre autres pourquoi la Cour d'appel a accepté mardi d'entendre le pourvoi du Beauceron de 22 ans et qu'elle lui a permis de recouvrer sa liberté d'ici à ce qu'un jugement soit rendu.

Le juge André Brossard, de la Cour d'appel, a aussi constaté que les arguments de l'avocat de l'appelant, Me Maxime Roy, paraissent sérieux quant au fait que le juge ayant infligé la peine n'aurait pas tenu compte des circonstances atténuantes.

En octobre 2006, dans un rang de Saint-Bernard, Camiré a heurté un adolescent de 15 ans circulant à mobylette. Le rang n'était aucunement éclairé et une pluie torrentielle tombait. À la suite de l'impact, le jeune résidant de Saint-Narcisse a poursuivi sa route sans s'arrêter. Il a ensuite déclaré qu'il ignorait ce qu'il avait frappé, mais que ce pouvait être un animal. Quant à l'adolescent, il est mort sur le coup.

Trois heures après l'accident, a rappelé le procureur de la Couronne, Me Nicolas Champoux, le conducteur avait un taux d'alcoolémie de 0,06. Il avait d'ailleurs été accusé d'avoir causé la mort en conduisant alors que sa capacité était affaiblie, mais l'accusation a été abandonnée lorsque Camiré a plaidé coupable, le lien de causalité entre l'alcool et l'accident étant trop difficile à établir.

Dans les circonstances, a observé le juge Brossard, il n'y avait plus de lien direct entre la mort de la victime et l'accusation portée contre Camiré. Son infraction, en effet, a débuté après la mort de l'adolescent.

La peine dont le jeune conducteur a écopé est de l'ordre de celles infligées pour des délits d'avoir causé la mort par négligence criminelle ou en conduisant alors que sa capacité est affaiblie, a plaidé pour sa part Me Roy. À ce moment, Camiré avait 19 ans et il n'avait aucun antécédent judiciaire.

«Il n'a pas pris ses responsabilités durant deux heures, puis il a pris panique, a déclaré son avocat. C'est déraisonnable que ça lui vaille 30 mois de pénitencier!»

Les mêmes conditions de mise en liberté provisoire que celles auxquelles Camiré avait été soumis en attendant son procès lui ont de nouveau été imposées par le juge de la Cour d'appel. Ainsi, il a dû souscrire un engagement de 5000 $. Son père a dû en souscrire un autre de 3000 $ et déposer une somme de 2000 $.

De plus, Camiré devra se trouver chez lui entre 21h et 6h et se rapporter à la Sûreté du Québec une fois par mois. Enfin, il lui sera interdit de conduire tout véhicule, de consommer de l'alcool et de la drogue ainsi que de se trouver dans les bars. Quant à l'audition de l'appel, elle aura lieu le 12 mars.

 

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