Quand les erreurs du passé ressurgissent

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Marie-Josée Nantel
Le Soleil

(Québec) Bien des Canadiens reconnus coupables d'une infraction criminelle ne savent pas que, peu importe la gravité du crime commis ou du temps écoulé depuis, leur casier judiciaire risque de les empêcher de séjourner aux États-Unis.

Kerris Wallis, gérante de l'organisme sans but lucratif le Centre du pardon national, aide chaque année plus de 1000 personnes à obtenir un waiver. «Ce ne sont pas tous les crimes qui sont des motifs d'exclusion, mais les douanes exigent que tout passé criminel soit déclaré», a-t-elle dit au Soleil.

Cinq scénarios sont possibles.

Scénario 1 : la personne n'a aucun casier judiciaire. Théoriquement, elle peut entrer aux États-Unis sans problème.

Scénario 2 : la personne a été condamnée pour conduite en état d'ébriété. Pour cette infrac­tion, les douanes américaines exigent que le citoyen canadien fournisse une copie du jugement de la cour en anglais. S'il n'y a aucun facteur aggravant, la personne ne devrait pas avoir de problème pour voyager aux États-Unis.

«Toutefois, l'autorisation d'entrer au pays relève entièrement de la discrétion de l'agent frontalier américain en poste», dit Mme Wallis. Certains se sont déjà vu refuser l'entrée pour cette raison.

Scénario 3 : la personne a déjà été condamnée pour voies de fait simple ou vol à l'étalage, comme Jean, pour des infractions au Code de la route ou pour tout autre délit mineur.

Certains crimes sont jugés acceptables par les États-Unis. Néanmoins, pour mettre le pied aux États-Unis, la personne devra faire une demande de dérogation (waiver) au Department of Homeland Security des États-Unis.

Cette dispense coûte 545 $US, peu importe la décision qui sera prise. Les délais pour l'obtenir varient de 12 à 18 mois. La première demande acceptée est valable pour un an au minimum, mais peut aller jusqu'à cinq ans. Elle est renouvelable, mais doit faire l'objet d'une nouvelle demande lorsqu'expirée.

Scénario 4 : la personne a eu un casier judiciaire, mais a obtenu un pardon canadien. La loi américaine ne reconnaît pas le pardon canadien. Deux cas sont possibles. Par exemple, quand le douanier a demandé à Jean s'il a un casier judiciaire, il pouvait répondre non. Les douanes ont accès à toutes les informations du Centre d'information de la police canadienne. Si une personne a reçu un pardon canadien, aucun casier n'apparaîtra.

Toutefois, si cette personne a déjà déclaré aux douanes américaines un crime commis avant d'obtenir son pardon, cette information ne s'effacera jamais des banques de données américaines. Si le douanier lui demande s'il a déjà eu un casier, elle doit répondre oui. Ne pas le faire peut mener à une arrestation et même à une détention aux États-Unis. Dans ce cas, la personne devra aussi faire une demande de dérogation.

Scénario 5 : la personne a commis un crime grave comme un crime sexuel. Certains crimes sont considérés comme honteux pour les Américains. «Ils entraînent quasi automatiquement un refus de dérogation», confirme Mme?Wallis.

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