Écrasement d'hélicoptère: une randonneuse fait preuve de sang-froid

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En raison de la montée des eaux, les... (Collaboration spéciale Steeve Paradis)

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En raison de la montée des eaux, les débris de l'hélicoptère affleurent à peine la surface.

Collaboration spéciale Steeve Paradis

 

Steeve Paradis, collaboration spéciale
Le Soleil

(Franquelin) C'est un homme d'affaires bien connu de la région de Baie-Comeau, Alexis Santerre, qui a perdu la vie dans l'écrasement d'hélicoptère survenu jeudi après-midi à Franquelin. Sa fille Annick et une ingénieure de leur entreprise auraient peut-être pu y laisser aussi leur vie n'eut été de l'intervention d'une résidante du village.

L'homme de 58 ans de Pointe-Lebel était aux commandes de son hélicoptère personnel, un Robinson R44. L'écrasement serait survenu vers 12h45 et les victimes ont dû patienter près de deux heures sans secours. Car même si le drame s'est produit tout près du village, personne n'a vu l'accident. C'est seulement vers 14h qu'une citoyenne, Linda Lévesque, a vu des débris de l'appareil sur une île dans la rivière Franquelin en prenant une marche.

«Puisqu'il n'y avait pas d'électricité et que je ne pouvais pas faire grand-chose à la maison, j'ai décidé d'aller prendre une marche, a affirmé la sauveteuse. D'habitude, je ne vais pas me promener dans le bois, mais puisqu'il faisait froid et qu'il ventait, j'y suis allée et c'est là que j'ai vu les débris de l'hélicoptère qui s'était écrasé. Je me suis mise à crier à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'une voix faible me réponde.»

Il appert qu'un câble de garde d'une ligne de haute tension sur les lieux de l'accident était décroché. À ce stade-ci de l'enquête, impossible de dire si c'est l'hélicoptère qui a sectionné le câble, si ce dernier était déjà coupé et a touché l'hélico ou si les deux événements ne sont pas reliés. Quoi qu'il en soit, le village de Franquelin a perdu l'électricité une dizaine de minutes après l'accident.

C'est le maire de Franquelin, Michel Lévesque, qui a été alerté par la citoyenne. «Daniel Moreau, pompier de la municipalité, a traversé la rivière avec Linda tandis que moi, je suis retourné appeler les secours et chercher un bateau. Il y avait des morceaux d'hélicoptère éparpillés partout et le pilote était allongé à côté du cockpit tandis que les deux passagères étaient dedans.»

Montée des eaux

Il fallait aussi faire vite, car l'endroit où l'écrasement s'est produit est inondé à marée haute. «Quand j'ai traversé la rivière, l'eau m'arrêtait aux cuisses, mais si l'eau avait été plus haute, j'y serais quand même allée parce que j'étais sur l'adrénaline», a dit Mme Lévesque, dans un entretien téléphonique. «À mes yeux, Linda a été très courageuse et son geste mérite d'être reconnu, a ajouté le maire. Elle tenait les têtes des deux femmes tout en leur posant des questions pour qu'elles restent éveillées. Linda est restée du début à la fin.»

Les propos du maire ont été corroborés par les trois autres personnes qui ont participé au sauvetage, soit un pilote d'hélicoptère et deux employés d'Hydro-Québec, dépêchés sur place pour trouver la cause de la panne électrique. Le pilote a notamment transporté les victimes par hélico à l'hôpital de Baie-Comeau. Les blessés ont ensuite été transportés dans un centre hospitalier de Québec.

«Linda Lévesque a été une personne décisive pour la survie des deux femmes, a déclaré le monteur de lignes Yan Loiselle. Si elle n'avait pas été là, on ne sait pas ce qui aurait pu arriver.»

Selon le maire de Franquelin, le trio effectuait un vol pour collecter des données en rapport avec la construction d'une minicentrale hydroélectrique sur la rivière Franquelin, projet sur lequel la firme entend être sous-traitante. Le crash a eu lieu à l'embouchure de la rivière, tout près de la route 138 qui longe le fleuve depuis Québec jusqu'à Natashquan.

Comme c'est le cas dans tout accident du genre, le Bureau de la sécurité dans les transports du Canada (BST) mènera une enquête sur cet écrasement. Les enquêteurs du BST n'étaient pas attendus à Franquelin avant la fin de la journée de vendredi.

Avec la collaboration de Myriam Gagné

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