TCE à Shannon: perpétuer 228 souvenirs

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Représentant les victimes décédées, 228 chandelles ont été... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Représentant les victimes décédées, 228 chandelles ont été allumées hier.

Le Soleil, Erick Labbé

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Quelques jours après les célébrations du jour du Souvenir, le Regroupement des citoyens de Shannon (RCS) organisait hier sa propre activité de commémoration au Shannon Hall pour les victimes de la contamination de la nappe phréatique au trichloroéthylène (TCE), un solvant utilisé autrefois pour le nettoyage de matériel militaire par l'ancienne usine de munitions SNC Technologies de Valcartier.

Les noms des 228 personnes décédées d'un cancer défilaient sur un écran et ont été lus par trois personnes alors que des lampions étaient allumés pour chacune d'entre elles.

Un premier film réalisé par le RCS a également été présenté au public. L'émouvant documentaire raconte l'histoire de Chantal Mallette et de son fils Alexandre, victime d'un cancer du cerveau et décédé en février.

Après la projection, Mme Mallette insistait sur l'importance de perpétuer la mémoire de ceux qui sont décédés. «Il ne faut jamais oublier les victimes du TCE à Shannon», explique-t-elle.

La mère de famille a ajouté que l'activité de commémoration deviendrait annuelle. «C'est un hasard si ça a eu lieu peu après le jour du Souvenir, c'était une question de disponibilité des salles. Cependant, je dois avouer que ça cadre bien.»

Heureuse de voir trois députés sur place, l'adéquiste Gérard Deltell, la péquiste Agnès Maltais et la bloquiste Christiane Gagnon, la mère d'Alexandre était néanmoins déçue de l'absence d'un représentant du gouvernement conservateur ou du député André Arthur.

«Je ne suis pas étonnée, car ils ont toujours été absents! J'ai encore en moi de la colère en raison de l'inactivité de nos gouvernements. Tout ça est très long!» signale-t-elle.

Deltell mal à l'aise

Rencontré sur place, Gérard Deltell, qui vient tout juste de demander de modifier le nom de l'autoroute Henri-IV pour rendre hommage aux soldats canadiens, semblait un peu mal à l'aise lorsque des médias ont souligné que le ministère canadien de la Défense était visé par le recours collectif des victimes du TCE à Shannon.

«Il n'y a pas de lien entre les deux dossiers. L'esprit de ma démarche avec l'autoroute de la Bravoure n'a rien à voir avec ça», a-t-il commenté, ajoutant qu'il ferait de son mieux pour aider les citoyens dans leurs efforts.

Quant à Agnès Maltais, elle a signalé qu'elle attendait toujours des réponses concernant certains aspects du dossier de Shannon. «Il y a deux questions que je me pose encore : comment peut-on accepter que la Loi sur les recours collectifs ne permette pas d'appel? Également, pourquoi l'Institut national de santé publique ne nous donne pas de réponse concernant une étude épidémiologique?»

D'autre part, le RCS bénéficiera bientôt d'une autre source de financement alors que le groupe Temps Partiel, qui enregistrera son premier album en janvier, a promis de lui remettre tous les profits de son premier simple, intitulé Shannon et qui traite de la contamination.

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