Les gestes reprochés à Mme Bédard se sont étalés sur un an, en 1993 et 1994, alors que son fils était âgé de 13 ans. Pendant cette période, deux fois par semaine, elle masturbait son fils et lui demandait de lui caresser les seins.
La Couronne réclamait une peine d'incarcération pour démontrer la réprobation de la société à l'endroit de gestes d'agression sur les enfants. De son côté, la défense demandait la clémence et avait fait valoir que Marie-Jeanne Bédard était dans un état psychique perturbé à l'époque, ayant subi 15 ans de violence et d'humiliation dans un premier mariage qui avait pris fin trois ans avant les agressions.
Le juge Jogues Lavoie a pris en compte certaines circonstances atténuantes et a condamné la femme à deux ans moins un jour dans la collectivité, puisqu'il ne considère pas qu'elle représente un danger pour la société. Elle ne peut tenter de communiquer avec la victime et devra suivre une thérapie. Il lui est interdit d'être en présence de mineurs masculins, sauf en compagnie d'autres adultes.
De plus, la femme doit verser un montant de 3500 $ à son fils, aujourd'hui âgé de 29 ans, pour les coûts de la thérapie que celui-ci a dû suivre. C'est d'ailleurs après le refus de Marie-Jeanne Bédard de payer cette thérapie que son fils a porté plainte, en 2007.
La victime, Christian Houle, a demandé la levée d'interdiction de publication afin d'inciter d'autres victimes à briser le silence et pour se libérer de ce poids. Se disant déçu de la sentence imposée à sa mère, il s'est demandé, en entrevue à LCN, quel message cela envoyait à la société. «Si ç'avait été un homme plutôt qu'une femme, ça aurait peut-être été différent», a-t-il avancé. Toujours en thérapie, M. Houle affirme voir la lumière au bout du tunnel et croit pouvoir s'en sortir.









