C'est ce qu'ont indiqué des pilotes à la suite d'un incident raconté en entrevue au FM93 par un passager du vol de Continental Airlines devant arriver à Québec le dimanche 15 novembre. Les passagers sont arrivés le lundi seulement, après quelques péripéties.
Le pilote de l'Embraer ERJ-145 a effectué deux approches et a tourné en rond autour de Québec deux fois pendant une heure. Il a effectué deux allers-retours entre Québec et Burlington pour refaire le plein, pour finalement atterrir à New York. Ce qui a représenté huit heures dans l'avion pour les 45 passagers du vol 2746 de la division ExpressJet de Continental.
Approche aux instruments
Selon les propos entendus à l'émission radiophonique Bouchard en parle, jeudi matin, les pilotes de Continental Airlines sont ceux qui manquent leur approche le plus souvent à Québec. Le dimanche en question, le vol en provenance de Fort Lauderdale a été le seul à ne pas pouvoir atterrir dans les conditions nuageuses avec bruine et pluie au sol. Pourtant, dans les minutes précédentes et les suivantes, tous les autres pilotes des autres compagnies aériennes ont effectué des atterrissages sans encombre.
On met en cause l'absence de système d'approche aux instruments ILS (Instrument Landing System) pour la piste 24 - du côté de la route de l'Aéroport -, alors qu'il fonctionne sur la piste 06, dans l'axe inverse. Selon un pilote interrogé par Le Soleil, il existe d'autres types d'approche aux instruments, un peu moins précises que le système ILS, mais qui fonctionnent très bien selon les conditions météo. Ces aides à la navigation sont connues sous les appellations VOR (VHF Omnidirectional RanÂge), MDB DME (Distance Measuring Equipment) et RNAV (Area Navigation) ou GPS. La limite du plafond pour l'atterrissage avec l'ILS est de 200 pieds, mais elle est de 600 pieds avec les aides à la navigation VOR et DME.
Selon ce pilote, lorsque les vents sont du nord-est ou de l'est, l'atterrissage se fait sur la piste 06 et lorsque les vents sont de l'ouest, par la piste 24. L'axe 06-24 est long de 9000 pieds. Les avions plus petits, en vol à vue, utilisent habituellement la piste de l'axe 12-30, de 5700 pieds de longueur.
Le pilote Richard Laberge disait jeudi matin que même avec l'aide de l'ILS, les conditions étaient limites pour les atterrissages. Lui-même a failli remettre les gaz parce qu'il arrivait à la limite sécuritaire pour remettre les gaz et faire une nouvelle approche.
Selon lui, la plupart des pilotes canadiens sont habitués aux conditions à l'aéroport de Québec et pratiquement personne dans les conditions comme celle du dimanche 15 novembre ne devra rebrousser chemin.
Manque d'expérience?
Un autre pilote, sous le couvert de l'anonymat, affirmait, comme celui interrogé sur les ondes du FM93, que les pilotes de Continental Airlines n'étaient pas les plus expérimentés ni les mieux formés pour atterrir dans des conditions difficiles. Malgré les appels répétés et les messages dans plusieurs boîtes vocales, personne chez Continental Airlines n'a communiqué avec Le Soleil.
Le porte-parole de NAV Canada, Ron Singer, indique que des millions de dollars ont été investis dans les nouvelles technologies à l'Aéroport international Jean-Lesage, comme la nouvelle tour de contrôle, les nouveaux radars et le système de communication vocal. Si l'installation d'un système ILS a été envisagée pour la piste 24, son gain en efficacité était de 0,7 %. Les clients de NAV Canada, les compagnies aériennes, n'ont pas appuyé cette proposition, a-t-il affirmé.

















