Vers 11h, un promeneur a découvert le corps de la dame dans une sorte de vieux chariot en bois sans couvercle. Il a alerté les policiers, qui ont identifié une femme de 46 ans portée disparue depuis le 5 novembre à Charlesbourg et connue des policiers.
L'abri de fortune où la défunte semblait passer ses nuits était situé au milieu des arbres à une trentaine de mètres d'un quartier résidentiel. Il était à peine assez large pour qu'une femme de taille moyenne puisse s'allonger.
Sur le plancher de l'abri recouvert de feuilles mortes humides, les policiers ont trouvé une couverture et un oreiller, un sac à dos et des médicaments.
Selon les premières constatations des enquêteurs, la quadragénaire était morte depuis environ 48 heures. Aucune trace de violence n'a été constatée sur son corps. Une autopsie sera tout de même pratiquée pour savoir plus précisément comment elle est décédée.
«Jusqu'à maintenant, aucun élément ne laisse croire à un acte criminel», a indiqué samedi après-midi Jean-Sébastien Roy, porte-parole de la police de Québec, tandis que l'hypothèse de la mort causée par le froid était «fortement envisagée» par les policiers.
De jeudi à samedi matin, la température moyenne a frisé le point de congélation à Québec et est descendue au-dessous zéro la nuit.
L'identité de la dame n'avait pas encore été dévoilée, samedi, puisque sa famille n'avait pas été avertie de son décès.
La femme de 46 ans avait été vue la dernière fois le 2 novembre par sa colocataire à Charlesbourg. Depuis, elle n'avait pas donné signe de vie.
On ignore pour le moment si la quadragénaire éprouvait des problèmes de santé mentale, de même que les raisons pour lesquelles elle avait quitté son domicile.
«Détresse»
Or, pour les intervenants qui travaillent dans le milieu de l'itinérance, peu importe les circonstances, cette mort tragique rappelle la détresse des sans-abri et l'indifférence dont certaines personnes peuvent faire preuve à leur égard.
«Cette femme-là, j'imagine qu'elle vivait une grande solitude, un grand désespoir», dit l'infirmier de la rue, Gilles Kègle. «Personne ne devrait mourir comme ça. Si une femme a été vue dans le bois, au froid, je ne peux pas croire que quelqu'un n'a pas appelé la police.»
En faisant sa tournée quotidienne des personnes seules, Gilles Kègle voit souvent des sans-abri qui se réfugient dans des entrées d'immeubles pour se garder au chaud. «J'espère juste une chose : qu'il n'y aura pas de gens qui habitent dans l'édifice qui vont appeler la police, dit-il. Mais il y en a qui le font. C'est des gens qui n'ont pas de coeur. Moi, je les laisse là, je vais même aller leur chercher un café.»
Éric Boulay, coordonnateur à la maison Lauberivière, un centre d'hébergement temporaire pour les sans-abri au centre-ville de Québec, n'a pas de mal à croire «que quelqu'un puisse s'isoler à un tel point que les gens se disent on se mêlera pas de ce qui nous regarde pas. Il y a une part de préjugés et il y a une part de peur du côté de la population», dit-il.
Malgré ces réticences, les citoyens ne doivent surtout pas fermer les yeux, plaide M. Boulay. «Pour redonner l'estime à quelqu'un qui n'en a plus du tout, il faut y aller très, très graduellement, dit-il. [...] Petit à petit, t'ouvres une porte, tu crées un lien de confiance, même si la personne et très repliée, ne serait-ce qu'un sourire ou un bonjour, ça peut faire toute la différence.»











