Deux filles meurent dans un tragique incendie à Donnacona

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Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Une terrible tragédie a secoué la municipalité de Donnacona au cours de la nuit de mercredi à jeudi alors qu'une jeune fille de neuf ans, Frédérike Roberge-Bédard, et une adolescente de 15 ans, Marie-Daphnée Franche, ont perdu la vie dans un incendie d'origine électrique qui a ravagé une résidence unifamiliale de deux étages située au 308, avenue Saint-Jacques. La demeure n'était pas dotée de détecteurs de fumée fonctionnels.

Autant le chef Benoît que la Sûreté du... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Autant le chef Benoît que la Sûreté du Québec (SQ) n'étaient pas en mesure d'expliquer l'origine de l'incendie. Une enquête est présentement en cours.

Le Soleil, Yan Doublet

Selon le chef du Service des incendies de Donnacona, Raymond Benoît, les services d'urgence ont été avertis peu avant 1h qu'un feu avait entrepris de s'attaquer à cette maison où dormaient sept membres d'une famille reconstituée, soit deux adultes et cinq enfants.

À l'arrivée des quelque 25 pompiers, deux adultes et trois enfants avaient été en mesure de sortir de la maison en feu, notamment grâce à un voisin, Carl Gauthier (voir l'autre texte), qui les a aidés à évacuer la demeure. Les survivants ont dû sauter du deuxième étage, à l'arrière de leur résidence, afin d'échapper à l'incendie. La mère de famille, qui est enceinte, a elle aussi sauté du deuxième étage, où se trouvaient les chambres à coucher, avec son enfant d'un an et demi dans les bras.

Les membres de cette famille se sont ensuite réfugiés chez un voisin, Guy Richard, qui les a accueillis avec des couvertures pour les réchauffer, en attendant l'arrivée des ambulanciers.

«Avec deux enfants encore dans la maison, c'est certain qu'ils étaient tous sous le choc», indique le bon Samaritain.

Même s'il aurait souhaité donner l'ordre à ses pompiers d'entrer à l'intérieur de la maison afin de tenter de sauver les deux victimes, le chef Benoît a dû se résigner à opter pour la patience, car le brasier était beaucoup trop intense.

«À notre arrivée, on s'est fait informer qu'il y avait encore deux enfants à l'intérieur, explique le chef Benoît. L'incendie était éclaté, et le feu sortait avec vigueur par une fenêtre avant.»

«Comme l'intensité du feu était beaucoup trop importante, je n'ai pas pu permettre à mes pompiers de rentrer immédiatement à l'intérieur, ajoute-t-il. Environ 45 minutes après notre arrivée, nous avions un meilleur contrôle du feu. Des pompiers ont alors pu pénétrer dans la maison, où nous avons fait la terrible découverte des deux corps au deuxième étage.»

Tous les survivants ont été transportés dans des centres hospitaliers de Québec afin d'y recevoir des soins pour des intoxications causées par la fumée ou pour des chocs nerveux. Au moins une des victimes a subi des brûlures sur son corps, mais fort heureusement, on ne craint pas pour sa vie, idem pour les autres membres de la famille.

Les adultes se nommeraient Mélanie Roberge et Philippe Poulin-Lafontaine, alors que les enfants toujours vivants ré­pondraient au nom de Noémie Roberge-Bédard, 11 ans, William Roberge-Bédard, sept ans, et Timoté (orthographe incertaine) Lafontaine, un an et demi.

Détecteurs de fumée non fonctionnels

En milieu d'avant-midi, jeudi, le relationniste de la SQ, Richard Gagné, a confirmé que les deux détecteurs de fumée installés dans la maison n'étaient pas fonctionnels. Un des deux n'avait pas de piles, alors que l'autre était brisé.

«C'est certain que si les détecteurs de fumée avaient fonctionné normalement, on aurait pu assister à une fin différente dans cette histoire, avance M. Gagné. À l'approche de la période des Fêtes, on rappelle l'importance aux gens de s'assurer que leur détecteur de fumée est fonctionnel et que les batteries sont toujours bonnes.»

Toujours selon M. Gagné, le brasier aurait pris naissance dans la sécheuse qui était en marche durant la nuit. Une défectuosité électrique aurait provoqué le début de l'incendie.

Selon Guy Richard, l'homme qui a accueilli la famille en détresse dans sa maison, le ménage originaire de la région de Montréal était installé à Donnacona depuis quelques mois à peine.

«Une belle famille qui ne causait aucun problème. Les enfants étaient très polis. On n'avait rien à dire sur eux.»

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