Jointe à la maison familiale de Loretteville, la mère de Marilyn, Andrée Béchard, nous a indiqué que la récompense de 10 000 $ offerte à quiconque fournirait des informations menant à la jeune femme venait d'être renouvelée jusqu'en mars.
L'offre devait se terminer ce mois-ci. Mais le donateur anonyme qui a proposé la somme par l'entremise de l'organisme Jeunesse au Soleil a décidé de la renouveler.
Les parents de Marilyn ont rencontré des enquêteurs de la police de Québec le 7 décembre. «Ils nous ont dit que des informations étaient rentrées à l'automne, mais il appartient à la police de vérifier ça, alors c'est sous enquête, dit Andrée Béchard. C'est un dossier actif.»
Les parents de la jeune femme disparue croient toujours que quelqu'un, quelque part, sait quelque chose sur la disparition de leur fille et qu'il ne s'est jamais décidé à parler. Ils demandent de nouveau l'aide du public.
«C'est trop mystérieux pour qu'on n'ait pas d'indices, pas d'informations sur où elle est rendue et sur ce qui est arrivé, dit Andrée Béchard. Après 22 mois, c'est insoutenable pour une famille de ne rien savoir. C'est pour ça qu'on fait encore appel à la population. Il est grand-temps qu'il y ait des choses qui se passent.»
Départ précipité
Le 10 février 2008, une semaine avant sa disparition, Marilyn Bergeron avait quitté de façon très précipitée son appartement de Montréal, une ville où elle travaillait depuis trois ans. Elle s'était rendue à la maison familiale de Québec après une conversation avec sa mère durant laquelle elle avait confié avoir peur, mais sans préciser pourquoi.
«Elle était comme dans un état de choc, se rappelle Andrée Béchard. Elle a demandé de s'en venir ici [à Québec], ce qui nous a surpris. On avait vu des changements dans les deux derniers mois avant sa disparition. En décembre, quand elle est venue passer les Fêtes avec nous, elle ne semblait pas filer. Elle était silencieuse, elle pleurait beaucoup. On ne savait pas ce qu'elle avait.»
Le 15 février, Marilyn était revenue à Montréal avec ses parents pour préparer son déménagement et elle avait passé la soirée avec des amis. Le 16 février, la jeune femme et ses parents avaient complété le déménagement et étaient revenus à Québec.
«Ça prenait vraiment quelque chose de gros pour qu'elle s'en revienne, se souvient sa mère. Ça n'allait vraiment plus. Elle a dit : "Je vais tout te dire ce qui ne va pas rendu chez nous". Mais on n'a pas eu le temps de le savoir...»
Le lendemain matin, le 17 février 2008, vers 11h15, Marilyn Bergeron a quitté la maison familiale pour «aller prendre une marche». Depuis, ses parents ne l'ont jamais revue.
Les enquêteurs ont su qu'elle s'était rendue ce jour-là à la caisse populaire de Loretteville, au 98, boulevard de l'Ormière, pour tenter de retirer 60 $ et que la transaction avait été refusée. Sur la bande vidéo de la caisse, ils ont remarqué qu'elle portait un sac à dos noir.
À 16h03 le même jour, Marilyn Bergeron a aussi été vue en train d'acheter un café au Café Dépôt de la rue de la Concorde, à Saint-Romuald, où elle a utilisé sa carte de crédit à 16h03. Interrogée par les policiers, la caissière s'est rappelé l'air déprimé de la jeune femme et son empressement à quitter le café.
«Qu'est-ce qui a pu se produire? On ne le sait pas, dit sa mère. Elle est peut-être décédée. Ça fait 22 mois qu'elle est disparue, il est sûrement arrivé quelque chose à Marilyn. Mais on garde toujours l'espoir de la retrouver vivante parce qu'il n'y a pas de corps, ils n'ont jamais rien retrouvé.»
En attendant, la famille de Marilyn Bergeron compte sur le public pour transmettre toute information aux policiers (9-1-1 ou 418 641-AGIR) ou à un numéro confidentiel qui n'est aucunement lié aux forces de l'ordre, soit le 1 800 840-1526.
«Et nous aussi, on continue les recherches, dit Andrée Béchard. On ne lâchera pas.»


























