Toujours l'impasse pour les canotiers de glace

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L'Association avait organisé à la marina de Cap-Rouge... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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L'Association avait organisé à la marina de Cap-Rouge mercredi soir une démonstration des équipements et des mesures de sécurité utilisés par les canotiers.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Isabelle Houde
Le Soleil

(Québec) Malgré une démonstration de leurs mesures de sécurité sur le fleuve, mercredi soir, c'est toujours l'impasse pour les canotiers de glace. Le Port de Québec leur interdit toujours la pratique du sport à la noirceur dans ses eaux et menace même de fermer complètement ses installations.

«À la suite des articles dans les médias aujourd'hui [mercredi], le Port de Québec nous a envoyé une lettre où ils disent que si ce n'est pas réglé d'ici mardi 12h, ils vont bloquer le fleuve au complet. Encore une menace», a déclaré mercredi soir, excédé, le président de l'Association des coureurs en canot à glace du Québec (ACCGQ), Jean Anderson.

 

L'Association avait organisé à la marina de Cap-Rouge une démonstration des équipements et des mesures de sécurité utilisés par les canotiers. Portant des lumières clignotantes sur eux, plus d'une quinzaine de canotiers ont effectué un parcours le long de la grève. Avant de traverser le fleuve à la hauteur de la marina, ils ont contacté la Garde côtière à l'aide de leur radio. Un cargo s'apprêtant à passer, les équipes ont attendu le passage de la grande ombre sur le fleuve, puis se sont lancées, respectant ainsi «toutes les règles de sécurité de Transports Canada, et même plus», a insisté Jean Anderson.

Pratique inadéquate

L'interdiction laisse aux amateurs seulement 22 % de leur temps habituel, déplore l'ACCGQ. La Garde côtière appuie le Port de Québec dans cette affaire. «Il y a eu plusieurs situations rapprochées durant les dernières années. Il n'y a pas eu de collision, mais il vaut mieux prévenir», a affirmé François Bellisle, porte-parole de la Garde côtière à Québec. Il soutient que la pratique du canot à glace à la noirceur, même avec un système lumineux, «n'est pas adéquate». Il précise aussi que la forte augmentation du nombre de canotiers a nui à la situation.

Jean Anderson soutient qu'il y a beaucoup plus de plaisanciers l'été que de canots à glace l'hiver. Il voit les mesures imposées par le Port comme des sanctions punitives déguisées à la suite de plaintes qu'il juge «exagérées».

Les canotiers dénoncent les dangers de s'entraîner sur le fleuve en face de Cap-Rouge, hors de la juridiction du Port. L'endroit est moins bien éclairé, les cargos y naviguent plus rapidement, les radios pour communiquer avec la Garde côtière sont moins performantes et l'endroit est plus difficile d'accès pour les secours, souligne M. Anderson.

Devant la situation, Louise Anderson, songe à accrocher ses rames après 22 ans. «C'est pas d'hier qu'on sort le soir, et je ne vois pas de différence dans le trafic. On a voulu négocier, mais...»

 

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