Le Service de police de Lévis (SPVL) est l'un, sinon le premier service municipal de la province à faire appel à cette technologie déjà utilisée aux États-Unis et en Europe. «Nous faisons affaires avec environ 5 % des automobilistes parce qu'ils commettent une infraction au Code de la sécurité routière. Parmi les 95 % qui ne commettent pas d'infraction, nous n'avons pas à les intercepter. Nous ne pouvons donc pas savoir si leur permis est suspendu ou s'ils ont payé leur droit d'immatriculation, explique le directeur du SPVL, Jean-François Roy.
La mise en place du système se fait dans le cadre d'un projet subventionné depuis l'an dernier par la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ). Celle-ci défraie 50 % du coût d'acquisition. Un équipement vaut 25 000 $. Chacun comprend deux caméras installées sur une autopatrouille. La police de Lévis compte acheter deux équipements pour son territoire.
Les caméras infrarouge peuvent lire quelque 3000 plaques par jour. Les informations recueillies sont comparées en temps réel à celles emmagasinées dans un ordinateur du service de police, qui effectue des mises à jour régulières avec la banque de données de la SAAQ.
Un signal sonore retentit dans l'autopatrouille au moment où une caméra infrarouge reconnaît la plaque d'un contrevenant. Les raisons sont multiples : permis révoqué ou suspendu pour non-paiement de contraventions, accumulation de points d'inaptitude ou pour conduite avec les capacités affaiblies ou encore, droit d'immatriculation échu.
Revenus et équité
Pour la Ville de Lévis, le système permettrait d'augmenter les revenus issus de l'émission des constats d'infraction, écrit-on dans une fiche descriptive du projet émanant de l'administration municipale. Évidemment, la SAAQ y trouve aussi son compte puisque les droits d'immatriculation non payés représentent une coquette somme. Toutefois, la société d'État n'était pas en mesure la semaine dernière de fournir de chiffres à cet égard.
Mais le but premier, insiste-t-on, en est un de sécurité routière et d'équité. «Ce n'est pas une question d'argent. Ça permet de retirer les personnes qui ne devraient pas se trouver sur le réseau routier», plaide Audrey Chaput, relationniste à la SAAQ. «Si un conducteur a perdu son permis, c'est qu'il est sanctionné et qu'il est dangereux.» Un chiffre publié en 2008 par La Presse indiquait que 400 000 Québécois possédaient un permis sanctionné pour avoir récolté trop de points d'inaptitude ou avoir commis une infraction criminelle.
«Ça apporte une certaine équité au niveau de la responsabilité citoyenne. Si vous et moi payons notre droit d'immatriculation, on s'attend à ce que tous ceux qui circulent sur le réseau en fassent autant», précise le directeur Roy.
La police de Québec pourrait se doter du même système. Mais pas dans un avenir rapproché, semble-t-il. La relationniste Catherine Viel confirme seulement que son service songe à élaborer un projet-pilote.
Projet-pilote concluant
Depuis près d'un an, 10 autopatrouilles de la Sûreté du Québec sillonnent la province munies du système de reconnaissance, explique l'agent Gilles Mitchell. «Il y en a en permanence dans la région de Montréal et d'autres voyagent à travers la province : en Montérégie, à Québec, sur la Côte-Nord et en Abitibi», illustre-t-il. D'ici deux à trois ans, la SQ devrait acquérir un total de 100 appareils qui seront déployés partout au Québec. Un projet-pilote réalisé par la Sûreté du 1er août au 1er novembre a permis aux caméras de huit autopatrouilles de lire 1 140 000 plaques. L'opération a permis de saisir 862 véhicules et de remettre 6533 constats d'infraction, en plus d'intercepter 69 conducteurs qui ne pouvaient se trouver derrière un volant. La police de Lévis s'est référée à ce projet pour déterminer la pertinence de s'équiper de caméras de reconnaissance.























