Une peine exceptionnelle pour un homme au casier judiciaire tout aussi exceptionnel. «Une feuille de route comme j'en ai jamais vu», a dit le juge. En 32 ans, l'homme de 52 ans en est à sa 29e condamnation pour des crimes reliés à la conduite. Aux 19 condamnations pour conduite en état d'ébriété, il faut ajouter six refus de subir l'alcootest et quatre présences devant les tribunaux pour conduite alors que le permis était sanctionné.
Il faut ajouter 59 autres condamnations pour des crimes divers comme la fraude, le vol, des méfaits et l'évasion d'une garde légale, pour ne nommer que ceux-là.
«Il est utopique de croire à la réhabilitation de l'accusé», de dire le juge Auger, ajoutant que Réal-Joseph Quinn fait preuve de mépris pour la sécurité et la vie d'autrui. Une chance inouïe que l'accusé n'ait pas encore blessé ou tué quelqu'un, d'ajouter le magistrat.
Compte tenu des passages répétés devant le tribunal, le juge estime que l'accusé a eu de nombreuses occasions de se réhabiliter. «Vous mettez la vie des autres en danger. On dirait que vous attendez la conséquence ultime.»
il confondait jour et nuit
Le citoyen de Pintendre a été intercepté sur l'autoroute Henri-IV par les policiers le matin du 20 janvier 2009. Il était 11h25. Quinn était dans un état d'ébriété tellement avancé qu'il confondait le jour et la nuit. Selon sa déclaration aux policiers, il était 2 ou 3h du matin, et il venait de sortir du bar de danseuses Le Carol.
Peu avant son interception, Quinn a fait un arrêt dans un dépanneur. Le commis s'est rapidement rendu compte de l'état du client, ce dernier argumentant pour payer avec sa carte du CAA-Québec. Le commis a communiqué avec les policiers pendant qu'une autre cliente a décidé de suivre le véhicule de Quinn. Sur l'autoroute, l'accusé zigzaguait d'une voie à l'autre, freinant brusquement sans raison, pour ensuite repartir. Une collision avec un poids lourd a été évitée de justesse.
Avant le prononcé de la peine, Quinn s'est adressé au juge, pour faire part de son état de santé précaire. Il dit absorber 25 pilules par jour pour des problèmes cardiaques et respiratoires. Il s'est d'ailleurs plaint de l'état poussiéreux des cellules du centre de détention de Québec.
«Je suis tanné. Compte tenu du peu d'années qu'il me reste à vivre, j'aimerais finir ça en beauté», de dire l'accusé, qui tentait par là de convaincre le juge de ne pas se montrer trop sévère à son endroit.
Une fois la peine imposée, Quinn s'est de nouveau adressé au juge. «Merci pour la sentence, vous venez de signer mon certificat de décès», a-t-il lancé. C'est vous qui l'avez signé, a rétorqué le juge.
La peine totale imposée à Quinn est de sept ans de pénitencier. À la sanction de cinq ans pour conduite en état d'ébriété, le juge a ajouté deux ans pour un refus de subir l'alcootest. Toutefois, comme l'accusé est détenu depuis son arrestation, il a purgé l'équivalent de ces deux années.













