Les avocats qui représentent le gouvernement et SNC Technologies (General Dyamics) ont déposé la semaine dernière leur défense dans cette cause.
Le toxicologue Robert Tardif, témoin-expert retenu par Justice Canada, rejette catégoriquement l'analyse de risque déposée en 2008 par le Dr Raymond Van Coillie. Celui-ci concluait qu'il y aurait cinq fois plus de cancers dans 55 résidences exposées
au trichloréthylène (TCE) à Shannon que dans 55 résidences non exposées.
Mais selon le Dr Tardif, le Conseil national de recherche a plutôt conclu qu'il «n'existe aucun cancer pour lequel existe une relation de cause à effet clairement établie chez l'humain. Au mieux, la science a conclu à une association probable avec le cancer rénal», concède-t-il.
Et en dehors des cancers, le spécialiste affirme qu'il n'existe «aucune évidence d'un lien de cause à effet confirmé entre l'exposition au TCE et quelque maladie que ce soit».
Cette opinion contraste avec la position de la partie adverse, qui identifie dans sa requête pas moins de 26 maladies pouvant être reliées à une exposition au TCE.
Méthodologie remise en question
Le Dr Tardif remet aussi en cause la méthodologie du Dr Van Coillie, qui a basé son analyse sur une concentration moyenne de TCE estimée à 214 microgrammes par litre, à partir d'échantillons prélevés dans les puits de 53 propriétés de Shannon.
Selon le Dr Tardif, on ne peut pas estimer le risque de cancer à partir d'une concentration moyenne qu'on applique à l'ensemble des résidants. Il observe par exemple que dans plus du tiers des propriétés examinées, la concentration était inférieure à la norme acceptable de cinq microgrammes par litre.
«Pourquoi faire une évaluation en supposant que toutes les personnes ont été exposées de façon similaire, alors que les données montrent clairement que le nombre de résidences affectées par cette contamination était nettement inférieur à 53?»
Il mentionne à ce sujet que sur 29 cas de cancers identifiés dans le «triangle rouge», où on retrouve les concentrations les plus élevées, près de la moitié vivaient dans des maisons où les concentrations de TCE étaient très en deça des seuils jugés critiques. Il n'y aurait, selon lui, pas plus de cancers à Shannon qu'ailleurs.
«On retrouve autant de cas de cancers chez les personnes ayant habité des résidences dont l'eau contenait des concentrations élevées de TCE que dans celles dont l'eau contenait des concentrations négligeables, voire inexistantes», conclut l'expert du gouvernement.





















