«Leur manoeuvre ne nous surprend pas. On prend ça au sérieux, mais ça ne nous affole pas pour autant. Les conditions qui prévalaient au moment de l'autorisation d'aller en recours collectif sont encore plus vraies aujourd'hui, alors que le nombre de personnes affectées continue d'augmenter.»
Selon lui, la défense essaie de créer l'impression qu'il s'agit d'une montagne de dossiers qui n'est pas gérable. «Mais en réalité, ça se gère. Il s'agit plutôt d'un drame humain et d'un désastre environnemental qu'on essaie de cacher.»
Dans les documents déposés la semaine dernière, la défense soutient que l'état de la science ne permettait pas de prévoir les dommages à l'environnement au moment où l'usine de munitions était en activité. Me Veilleux peut cependant citer un grand nombre de causes, notamment aux États-Unis, où le caractère «extrêmement dangereux» (extra-hazardous) du produit est reconnu depuis longtemps par l'Environmental Protection Agency (EPA).
Tolérance zéro
Dans une de ces causes, remontant à 1987 et impliquant la base militaire McChord, un juge observait déjà à cette époque que l'EPA recommandait la tolérance zéro pour ce contaminant, comme pour tous ceux qui sont classés comme «cancérigène humain probable».
Ce jugement mentionne également que même avant 1950, on savait que la nappe phréatique pouvait être contaminée et que l'armée américaine «savait ou aurait dû savoir que des déchets liquides comme le TCE pouvaient contaminer les eaux souterraines».
L'avocat reste confiant de gagner sa cause. Selon lui, toute manoeuvre pour retarder le procès ne fera qu'entraîner des coûts supplémentaires au gouvernement.
Les avocats des citoyens ont jusqu'au 30 avril pour contre-interroger les témoins de la défense. Les avocats du gouvernement doivent déposer d'ici le 16 février leur requête en révision du jugement qui autorisait le recours collectif. Le procès devrait débuter en octobre.













