L'accident est survenu en septembre à Saint-Flavien, dans Lotbinière. Samuel Moulinneuf-Patry, un récidiviste de l'alcool au volant de 20 ans déjà condamné deux fois au cours de la dernière année, était aussi accusé d'avoir causé des lésions à un autre passager en conduisant de façon dangereuse avec sa capacité affaiblie, et ce, alors qu'il lui était interdit de conduire. Patry avait signé une promesse de ne pas boire d'alcool. Or, un de ses amis, Michaël Auger, 19 ans, a relaté mercredi au juge Carol St-Cyr que, peu après l'accident, il avait consommé de l'alcool en compagnie de Patry. Ce dernier a été arrêté 10 jours plus tard et, à son enquête sur mise en liberté provisoire, Auger a nié qu'il ait consommé de l'alcool à la suite de l'accident.
Le jeune témoin a déclaré qu'entre l'arrestation et l'enquête, le père de Moulinneuf-Patry, Jean-Marie Patry, l'avait menacé de lui enlever la vie s'il n'aidait pas son fils à sortir de prison. «Il m'a dit qu'il s'arrangerait pour que personne ne me retrouve, a déclaré Auger. Il a dit qu'il avait déjà tué et qu'il n'hésiterait pas à le refaire.»
L'homme de 57 ans insistait pour que le jeune homme dise que son fils n'avait pas bu après l'accident mortel. «J'ai peur!» s'est écrié le témoin, des sanglots dans la voix. Contre-interrogé par l'avocat du quinquagénaire, Me Sébastien St-Laurent, Auger a reconnu que le jour même de la comparution du jeune Patry, il avait été intercepté par les policiers. Bien que son permis de conduire fut échu, le jeune homme n'a reçu aucun constat d'infraction et son véhicule n'a pas été saisi. Il a plutôt été amené au poste de la SQ de Laurier-Station pour faire une déclaration révélant que Patry avait bu après l'accident.
Complice du fils
À l'enquête sur cautionnement du jeune Patry, Auger a déclaré le contraire. À la sortie de la salle d'audience, le jeune homme a donc été arrêté et il doit comparaître prochainement sous une accusation de parjure. Cité à son procès, Jean-Marie Patry devra se présenter à l'ouverture de la prochaine session des Assises, le 1er mars.
Dans un dossier connexe, Patry fait aussi face à une accusation de s'être fait le complice de son fils dans la conduite d'un véhicule alors qu'il lui était interdit de le faire. Le procès dans cette affaire a également débuté mercredi.
Les faits sont survenus une douzaine d'heures après l'accident mortel. Deux enquêteurs de la SQ se sont alors rendus à la résidence familiale de Saint-Antoine-de-Tilly afin de reconstituer les heures précédant celui-ci.
Dans la déclaration faite par les parents, le père a déclaré spontanément qu'il avait laissé son fils Samuel prendre la voiture de sa mère «parce qu'il n'allait pas très loin, chez un ami». Pourtant, les parents savaient qu'il était interdit à leur fils de conduire depuis ses condamnations pour conduite avec capacité affaiblie.
Selon Me St-Laurent, l'équité du procès du père n'a pas été respectée, car les enquêteurs n'ont pas informé Patry de son droit au silence. Le procureur de la Couronne, Me Christian Trudel, a répliqué que le père n'était alors suspecté d'aucun crime et que
les enquêteurs ne s'attendaient aucunement à ce qu'il fasse un tel aveu.
Le juge doit décider le 27? mai si la déclaration du prévenu peut être acceptée en preuve, une décision qui pourrait faire jurisprudence.















