Trafic d'opiacés déjoué à Sainte-Foy

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Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Un quinquagénaire qui aurait fait le trafic d'hydromorphine et d'autres puissants médicaments d'ordonnance a été arrêté jeudi soir à son domicile de Sainte-Foy, où la police de Québec a saisi pour plus de 7000 $ de stupéfiants.

Avec l'aide du groupe tactique d'intervention, les policiers de l'unité des stupéfiants et de la prostitution ont perquisitionné la résidence du 472, chemin Sainte-Foy, vers 19h30. Les policiers ont saisi sur place 355 comprimés de médicaments contrôlés, une liste de comptabilité et 320 $.

L'opération a mené à l'arrestation de Pierre Gauthier, 52 ans. Selon le porte-parole de la police de Québec, Jean-Sébastien Roy, l'accusé et sa femme de 40 ans recevaient les consommateurs à domicile pour leur vendre notamment de l'hydromorphine et des comprimés de Dilaudid et d'OxyContin entre 15 et 20 $ l'unité.

Gauthier a comparu hier après-midi au palais de justice de Québec pour faire face à six chefs d'accusation, dont trafic de stupéfiants. Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés entre octobre et janvier derniers. Sa conjointe devrait comparaître ultérieurement pour possession de drogue dans le but d'en faire le trafic.

La Couronne s'est opposée à la remise en liberté de Gauthier, qui a déjà plusieurs antécédents criminels. Il restera détenu jusqu'à ce qu'il revienne en cour lundi pour son enquête sur

cautionnement.

Prescriptions légales

Selon les vérifications effectuées par la police de Québec, la grande majorité des médicaments trouvés chez Gauthier avaient été obtenus grâce à des prescriptions légales reliées à de faux malaises ou avec de fausses prescriptions de médecins imitées ou volées dans les hôpitaux.

Au cours des dernières années, la consommation par injection d'opiacés comme l'hydromophine, le Dilaudid et l'OxyContin a connu une forte augmentation chez les toxicomanes, s'inquiétait en janvier l'Institut national de santé publique (INSP), dans un rapport publié sur le sujet.

En 2003, 36,2 % des toxicomanes de la capitale qui fréquentaient les programmes d'échange de seringues disaient s'injecter du Dilaudid. En 2007, ce chiffre était passé à 55,4 %. Pour ce qui est de l'OxyContin, 1,7 % des utilisateurs de drogues par injection disaient en faire usage en 2003, contre 36,8 % en 2007.

Mario Gagnon, le directeur de l'organisme d'aide aux toxicomanes Point de repères, constate même que de plus en plus de cocaïnomanes se tournent vers l'injection d'opiacés, dont les effets peuvent être

dévastateurs.

«Il y a de forts risques de décès, dit M. Gagnon. Si les doses sont trop fortes, les gens tombent en détresse respiratoire et peuvent en mourir.»

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