Condamné par le passé à six reprises pour des infractions reliées à l'alcool au volant, le chauffard était sous le coup d'une interdiction de conduire depuis 2006, nous a confirmé vendredi le porte-parole de la police de Québec, Jean-Sébastien Roy.
Le quinquagénaire de Saint-Gabriel-de-Valcartier, dont l'identité n'a pas encore été révélée, était toujours dans un état critique vendredi, à la suite de l'accident.
Vu sa condition, il n'a pas à être soumis à l'alcootest. Mais des échantillons sanguins ont été prélevés afin de mesurer son taux d'alcoolémie.
La police de Québec n'obtiendra peut-être pas avant des semaines les résultats de l'analyse des échantillons, effectuée au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, à Montréal, qui est débordé. D'ici là, aucune accusation ne pourra donc être portée contre le suspect.
Jeudi, vers 17h20, le chauffard roulait en direction sud sur le boulevard Pie-XI au volant de sa fourgonnette Chevrolet Venture rouge, quand il a changé de voie et percuté une voiture de marque Nissan Maxima qui venait en sens inverse, près de la rue Castel.
L'impact a été tellement violent que les deux véhicules ont terminé leur course à plusieurs mètres de distance l'un de l'autre. Des pinces de désincarcération ont été nécessaires afin de libérer les occupants des véhicules accidentés.
Les deux occupants de la Maxima, un homme et une femme enceinte, ont été transportés à l'hôpital, mais n'ont pas subi de blessures graves. Transporté à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, le suspect souffrait d'une grave fracture à une jambe et d'autres blessures qui mettent sa vie en danger.
À l'arrivée des services d'urgence, le quinquagénaire dégageait une forte odeur d'alcool et des canettes de bière ont été retrouvées dans son véhicule. La police de Québec estime que la collision pourrait avoir été causée par les capacités affaiblies du suspect.
L'accident, qui aurait pu être fatal pour l'homme et la femme enceinte qui se trouvaient dans la voiture percutée, remet une fois de plus en cause l'efficacité des mesures pour empêcher la récidive des conducteurs condamnés pour conduite avec les facultés affaiblies.
Révocation de permis
En vertu du Code criminel canadien, un multirécidiviste de l'alcool au volant qui est sanctionné pour la troisième fois n'a plus le droit de conduire pour au moins trois ans. Au bout d'une période minimale d'un an, il peut toutefois demander un antidémarreur qui empêche le véhicule de démarrer si le conducteur dépasse le seuil d'alcool permis dans le sang.
Le Code de la sécurité routière québécois impose quant à lui une révocation du permis de conduire dont la durée passe d'un an à trois ans pour une deuxième condamnation et à cinq ans pour une troisième. Les récidivistes doivent ensuite utiliser un antidémarreur éthylométrique pendant deux ans, trois ans, cinq ans ou à vie, selon le nombre de condamnations et le taux d'alcoolémie enregistré au moment de l'infraction.
Durant la suspension de leur permis, les récidivistes de l'alcool au volant conservent toutefois le droit de posséder une voiture et de la faire immatriculer. Ils n'ont pas le droit de l'utiliser, mais beaucoup prennent le volant quand même.
Au Québec, l'alcool est à l'origine de près de 32 % des décès sur la route, 16 % des blessures graves et 5 % des blessures légères.












