Condamné à six reprises pour des infractions reliées à l'alcool au volant, l'homme de 58 ans qui aurait causé la collision n'avait plus le droit de conduire depuis 2006, rapportait hier Le Soleil. Pour MADD, c'est là une autre preuve de l'échec de Québec à empêcher ceux qui ont été condamnés pour conduite avec les facultés affaiblies de reprendre leur voiture.
«Les suspensions de permis, ça ne fonctionne pas», dit Marie-Claude Morin, porte-parole de la section québécoise de l'organisme qui vient en aide aux victimes de l'alcool au volant. «C'est clair, les gens conduisent quand même. Il faut trouver autre chose.»
Selon le nombre de condamnations et le taux d'alcoolémie enregistré dans le sang au moment de l'infraction, le Code de la sécurité routière québécois impose l'utilisation de l'antidémarreur éthylométrique pendant deux ans, trois ans, cinq ans ou à vie aux conducteurs qui ont été condamnés plus d'une fois pour alcool au volant.
Durant la suspension de leur permis, ces derniers conservent toutefois le droit de posséder une voiture et de la faire immatriculer. Ils doivent la laisser dans l'entrée, mais beaucoup l'utilisent quand même.
«Ces gens-là devraient se mériter automatiquement un antidémarreur éthylométrique, dès la première offense», soutient Mme Morin. De l'avis de MADD, l'antidémarreur empêcherait les conducteurs qui prennent leur voiture malgré la révocation de leur permis de se trouver sur la route.
«Il faut encadrer les gens qui ont besoin d'être encadrés et, pour le moment, la meilleure façon de le faire, c'est la technologie, dit Marie-Claude Morin. Il faut s'en servir, il ne faut pas attendre.»
Des sanctions parallèles
Pour contrecarrer les récidivistes qui prennent la voiture de quelqu'un d'autre même si leur permis est révoqué, les Mères contre l'alcool au volant demandent aussi au gouvernement d'imposer des sanctions aux propriétaires des véhicules empruntés.
«Évidemment, Monsieur peut emprunter la voiture de Madame, souligne Marie-Claude Morin. C'est pour ça qu'il faut avoir des mesures en place. Au Manitoba, si vous avez une interdiction de conduire ou que vous devez avoir un antidémarreur et que vous empruntez l'auto de quelqu'un d'autre, cette auto-là est saisie.»
Mme Morin rappelle que si quelqu'un demande à emprunter votre véhicule, il est possible de vérifier auprès de la Société de l'assurance automobile du Québec s'il possède un permis de conduire valide.
«Si vous ne le faites pas, c'est votre faute, dit-elle. Habituellement, on prête notre véhicule à quelqu'un qu'on connaît, et les gens savent très bien que la personne a un permis suspendu...»
En attendant que Québec réponde à ses demandes, MADD se réjouit de voir qu'après la Sûreté du Québec, la police de Lévis a acquis des caméras de reconnaissance de plaques d'immatriculation pour détecter les conducteurs au permis révoqué.
Ces caméras infrarouges peuvent lire quelque 3000 plaques par jour. Les renseignements qu'elles recueillent sont comparés en temps réel à ceux d'un ordinateur du service de police, qui effectue des mises à jour régulières avec la banque de données de la SAAQ.
«On devrait faire grand cas de ces systèmes, dit Mme Morin, pour justement créer chez les gens une crainte de se faire arrêter s'ils conduisent effectivement sans permis valide.»











