«On avait réussi à retourner la tendance depuis quelques années. Ça diminue [le nombre de décès] depuis quatre à cinq ans. On ne voudrait pas que ça reparte en augmentant.»
Le directeur général de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), qui comptent 90 000 membres, rappelle que les conditions de neige cette saison sont minimales et que les risques d'accident sont d'autant plus élevés.
«Les fonds de sentier sont glacés à cause de la pluie reçue en janvier et il manque de neige à plusieurs endroits. Il faut donc adapter sa conduite en conséquence», avertit Normand Besner.
Cette année, huit des 15 décès se sont produits sur les 33 000 kilomètres de sentiers fédérés. Même si les bénévoles des clubs font des efforts «colossaux» pour rendre les pistes sécuritaires, les adeptes de la motoneige doivent faire leur part. «L'imprudence, la vitesse excessive et encore malheureusement l'alcool, malgré les campagnes de sensibilisation, sont les principales raisons des décès», souligne-t-il.
S'adapter aux conditions
Un avis partagé par Patrick Boucher de l'Association des motoneigistes du Québec. «Les gens n'adaptent pas leur conduite aux conditions. Souvent, ils ne gardent pas leur droite dans les sentiers ou ne diminuent pas leur vitesse dans des courbes glacées. Il y a une minorité qui se sent invincible. Pourtant, être éjecté de sa motoneige, même à seulement 70 km/h, ça peut être mortel.»
Ce dernier dénonce également la témérité de certains adeptes qui s'aventurent sur des cours d'eau non entretenus par les clubs de motoneigistes alors que les températures douces fragilisent les couverts de glace.
À ce chapitre, il rappelle que cinq des 15 décès sont survenus sur des lacs ou des rivières, tous à l'extérieur des sentiers fédérés. Tendance plus lourde que par les années passées, 13 des 15 décès se sont produits après la tombée du jour.
À pareille date l'an dernier, on comptait 12 décès en motoneige. La saison 2008-2009 s'est terminée avec 21 morts. C'est beaucoup mieux que la quarantaine d'accidents mortels qu'on dénombrait au tournant des années 2000. Mais il y a encore possibilité de faire mieux, croit M. Boucher, précisant que la moitié des décès cette saison étaient évitables.
Mieux encadrer les nouveaux adeptes
L'Association des motoneigistes du Québec se présentera la semaine prochaine en commission parlementaire pour proposer au ministère des Transports de mieux encadrer la pratique de la motoneige auprès des nouveaux adeptes. Une demande qu'elle avait déjà faite en 2006, mais qui n'a eu aucune suite. «Plusieurs font affaire avec une agence de location de motoneiges avant de s'en procurer une. Nous croyons que ces personnes doivent avoir une formation minimale avant de se lancer sur les sentiers», soutient Patrick Boucher, qui mentionne que plusieurs touristes de passage aiment aussi tenter l'expérience. «Ça pourrait être quelque chose comme remettre un guide papier», suggère-t-il.
Il y a quelques années, le gouvernement a déjà haussé de 14 à 16 ans l'âge minimum pour conduire une motoneige. La seule obligation pour enfourcher un engin est de posséder un permis d'automobile valable ou de cyclomoteur, pour les plus jeunes. Les personnes mineures ont l'obligation de suivre un cours d'initiation. Certes, c'est une protection supplémentaire. Cependant, elle ne couvre pas tous les usagers. «60 % des victimes ont plus de 35 ans», souligne à ce sujet M. Boucher.
Chronologie des décès de la fin de semaine
Le vendredi 5 février, sur un sentier fédéré à Labelle dans les Laurentides, un homme est décédé après avoir perdu la maîtrise de sa motoneige et fait plusieurs tonneaux.
Le samedi 6 février, un homme dans la vingtaine a aussi perdu la maîtrise de son engin sur un sentier fédéré à Saint-Wenceslas au Centre-du-Québec.
Dans la nuit du 6 au 7 février, l'alcool et la vitesse serait à l'origine du décès d'un homme de 31 ans à Saint-Ambroise au Saguenay. Il a été éjecté de son engin en empruntant une pente à haute vitesse sur un sentier fédéré.












