Deux remorqueurs ont tiré un vraquier d'embarras

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Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) L'échouement d'un vraquier survenu dans la nuit de lundi à hier sur les rives de l'île d'Orléans a suscité beaucoup de curiosité. Si l'incident n'a causé aucun dégât, il a aussi nourri les craintes qu'un jour ce puisse être un méthanier qui se trouve dans la même position.

L'Algoma Discovery, un navire battant pavillon des Bahamas, a largué les amarres au quai 51 du Port de Québec mardi à 2h. Alors qu'il prenait la route de la Norvège chargé de nickel et de titane, un bris de moteur l'a fait bifurquer de son trajet.

Le courant l'a emporté en direction de l'île d'Orléans. Sa proue s'est alors enfoncée dans un haut-fond à quelques centaines de pieds seulement de la rive, à proximité de la marina de Saint-Laurent. Le courant, encore lui, a fait pivoter la poupe (l'arrière du bateau) vers l'ouest. À première vue, on aurait cru que le navire se dirigeait vers Québec lorsque l'incident s'est produit.

Appelés sur place, deux remorqueurs du Groupe Océan ont remis le bateau à flot vers 12h15 à la faveur de la marée montante. L'opération a duré quelques heures.

Le bateau avait pris livraison de sa cargaison à Sorel avant de faire un arrêt au Port de Québec. C'est d'ailleurs là qu'il a été remorqué pour y subir une inspection de Transports Canada avant de reprendre la mer. Il semble que l'échouement n'ait causé aucun bris à la coque ni déversement.

Pour l'Algoma Discovery, c'est la seconde fois qu'il s'échoue en quatre mois et demi. Il avait connu pareille situation en Allemagne à la suite d'une panne de gouvernail. Il fait partie de la flotte internationale d'Algoma Shipping Ltd, une filiale de la compagnie canadienne Algoma Central Corp.

Des craintes

Un pareil spectacle a attiré plusieurs curieux venus immortaliser l'événement sur pixels. Mais aussi les opposants au projet de construction d'un port méthanier à Lévis (Projet Rabaska).

«On leur dit depuis longtemps qu'il peut y avoir des accidents sur le fleuve Saint-Laurent. Il y en a régulièrement et là, on l'a en pleine face», clame Esther Charron du collectif Stop au méthanier rencontrée sur place par Le Soleil.

De chez lui, à Lauzon, Jacques Levasseur, autre porte-parole du collectif, a aussi suivi l'accident. «On veut en profiter pour poser la question à savoir combien de personnes aurait-il fallu évacuer de l'île, de Lévis et de Beaumont si ça avait été un méthanier? J'aimerais aussi savoir comment le vraquier aurait pu éviter un méthanier dans le chenail ou accosté au quai s'il n'a même pas pu éviter de s'échouer?»

L'échouement s'est produit à l'endroit même où le ministère des Transports termine la construction d'un terminal maritime pour évacuer les résidants si le pont de l'île devait fermer sur une longue période pour une quelconque raison.

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