La fille de l'homme de 43 ans a aussi eu à essuyer ses foudres lorsqu'elle avait de 12 à 14 ans. Tous ces incidents se sont produits entre 1992 et 2004 à Québec, à Charlesbourg et à Saint-Antoine-de-Tilly.
Marié à la victime en 1991, l'accusé a quitté le domicile conjugal en 2004 et il n'a pas revu ses trois enfants depuis. D'ailleurs, ceux-ci ne désirent pas le revoir.
La preuve a démontré que la femme a été frappée régulièrement à coups de poing. Une fois, elle a été saisie par les cheveux et projetée par terre.
La fille de l'accusé a relaté avoir vu celui-ci pousser sa mère dans un escalier, puis la tirer par les cheveux. Crachant sur elle, il a ensuite donné plusieurs coups de pied à sa conjointe lorsqu'elle était allongée sur le sol. En 2000, l'accusé a poussé brutalement la tête de sa femme sur un mur, au point d'y creuser un trou.
L'individu a nié certains de ces incidents, mais la juge Chantale Pelletier n'a pas retenu sa version. Ses explications sont apparues invraisemblables et non crédibles à la juge, selon qui le quadragénaire tentait de minimiser sa violence. Quant aux deux victimes qui, note la juge, ont été l'objet de longs et répétitifs contre-interrogatoires de la part de l'avocat de l'accusé, elles ont maintenu leurs versions.
Absence de notes
Dans sa décision sur la peine, la juge Pelletier a tenu à s'attarder à certaines affirmations de l'avocat, Me Jean Petit. Il a soutenu qu'on aurait dû s'attendre à avoir des notes du personnel médical à propos de marques sur le corps de la dame, ce qui n'était pas le cas.
Alors que la procureure de la Couronne, Me Johanne Tourville, suggérait une peine de pénitencier pour l'homme, Me Petit demandait une peine excluant son emprisonnement. Il plaidait entre autres qu'il est un actif pour la société et qu'il ne constitue pas un danger, car «sa violence n'était exercée qu'en réaction au harcèlement de sa conjointe».
Au cours de son témoignage, l'accusé s'est d'ailleurs présenté comme une victime de harcèlement. Déposant à son tour, son psychologue a réitéré que la violence de l'homme est moins grave, car il l'exerçait «en réponse à une situation».
La juge Pelletier s'est dite en désaccord avec le témoin expert : «Le Tribunal retient que l'accusé a été et est une personne violente. Pour régler une difficulté, il frappe et il pousse.»
Pour la détermination de la peine, la juge a aussi considéré les facteurs atténuants que constituaient l'absence d'antécédents judiciaires et l'inscription de l'accusé à GAPI, l'organisme venant en aide aux personnes impulsives. Selon le rapport prédécisionnel, par ailleurs, les risques de récidive ne peuvent être écartés, le quadragénaire ayant encore «un long chemin à parcourir».
En plus de la peine d'emprisonnement, la juge Pelletier a soumis l'individu à une probation de deux ans.











