L'aîné s'en était pris au plus jeune après l'avoir vu se battre avec un de ses amis au Centre des loisirs de Portneuf, le 12 avril 2006. Il l'avait d'abord suivi, l'incitant à revenir se battre. Devant le refus du cadet, il s'est emparé d'une grosse branche servant à délimiter le bord du chemin en période hivernale et la lui a lancée en plein visage après s'être élancé à la manière d'un joueur de baseball.
La victime a subi des blessures importantes, dont un traumatisme crânien, un hématome et des fractures de l'os frontal, du sinus frontal gauche et du toit de l'orbite gauche. La fracture du sinus avait même atteint le mur antérieur et le mur postérieur et de nombreux fragments avaient été déplacés au sein du parenchyme cérébral.
Quant à l'agresseur, il a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions en 2007 et condamné à exécuter 150 heures de travaux communautaires en plus de devoir se soumettre à une période de probation d'un an.
Entièrement responsable
Le juge J. Claude Larouche, qui a entendu le recours civil intenté au nom de son fils par le père de la victime, a estimé que la responsabilité de l'aîné, qui habite maintenant Trois-Rivières, était sans équivoque. «Il n'est pas nécessaire de faire une longue analyse de la preuve pour décider qu'il doit être entièrement tenu responsable de ces dommages», affirme-t-il, ajoutant que l'aîné n'avait jamais été provoqué et que c'était lui qui avait été le premier à agresser.
«Il n'y a rien qui puisse le justifier d'avoir posé un tel acte et il doit être tenu entièrement responsable des conséquences qu'il a entraînées et du préjudice causé à l'autre jeune homme et à son père», enchaîne le magistrat, qui a aussi qualifié le geste «d'extrêmement dangereux» et la branche utilisée par l'agresseur «d'arme offensive impressionnante qui dépasse de beaucoup ce qui peut être utilisé pour
faire peur».
Malgré la décision rendue par le juge Larouche, il est loin d'être certain que le jeune homme qui a subi cette violente agression voie un jour la couleur de l'argent que son agresseur a été condamné à lui payer.
En effet, le juge a rejeté la poursuite qui visait également la compagnie d'assurances ING du Canada, qui avait délivré un contrat d'assurance en faveur de la tante de l'agresseur, qui agissait également comme sa tutrice, et dont l'agresseur était considéré comme un assuré innommé.
Le juge s'est rendu aux allégations des représentants d'ING, qui refusaient de payer les 70 000 $ en arguant qu'il n'y avait pas de couverture dans le présent cas puisque l'aîné avait intentionnellement agressé le plus jeune et qu'il avait aussi commis un
acte criminel.
«Nous sommes cependant bien conscients que cette interprétation conduit à une situation désastreuse pour le demandeur puisqu'il obtiendra un jugement dont l'exécution sera particulièrement difficile, voire même
impossible», a avoué le juge en conclusion.











