«Je cherche désespérément quelqu'un de responsable au sein de votre gouvernement afin de régler ce dossier confidentiellement», a écrit Laurent Paré au premier ministre du Québec, en septembre. Sa lettre de dénonciation a été remise en main propre par huissier au cabinet de Jean Charest.
«J'étais sûr que j'obtiendrais promptement une réponse, affirme M. Paré. Que quelqu'un viendrait me voir pour me demander : ?Qu'est-ce que vous avez contre ces gens-là?? Jamais personne.»
Au bureau du premier ministre, on explique que les dossiers du genre sont réacheminés vers le ministère concerné.
Au bureau du ministre du Revenu, on explique que le cabinet n'a pas été mis au courant et que le cas a été remis entre les mains du directeur des plaintes, Daniel Bourassa. Ce dernier a rencontré le huissier Laurent Paré en octobre. Mais il assure ne plus avoir reçu de nouvelles depuis.
«Une culture d'entreprise»
Selon M. Paré, il existerait au ministère du Revenu du Québec (MRQ) une «culture d'entreprise» profondément enracinée qui fait que certains se croiraient «au-dessus des lois». Il croit que des têtes devront rouler.
«Les responsables de tout ça, il faut qu'ils s'en aillent, soutient Laurent Paré. Il faut que l'impunité totale, ça cesse.»
Une autre option serait de déposer une plainte à la GRC contre une quarantaine d'employés des enquêtes spéciales et du recouvrement. «Mais ce n'est pas à ces 40 personnes de perdre leur job à cause de [quelques] boss», dit-il.
Autant M. Paré qu'un ex-agent de recouvrement qui demande l'anonymat jurent avoir prévenu à maintes reprises leurs supérieurs des gestes illégaux qui auraient été posés et des conséquences qui pourraient en découler.
«Quand tu dis à quelqu'un : ?Tu n'as pas le droit de faire ça?, et qu'on te dit dans un bureau d'avocats : ?Écoute-moi bien, tu ne nous as jamais dit ça parce que nous autres, on va sauter, alors on veut pas le savoir...?», affirme l'ex-agent de recouvrement.
Même son de cloche de M. Paré. Il assure que chaque fois qu'il a abordé la question, la réponse était : «On n'est pas censé être au courant de ça».
Et chaque fois qu'il aurait menacé de rendre publiques ces informations, on lui aurait dit la même chose : «?Qu'est-ce que tu veux [pour te taire]?? dit Laurent Paré. Je ne veux pas d'ouvrage, je veux que ça arrête.»















