La liste des faits reprochés à René Bouchard, propriétaire du commerce situé au 1496, rue des Platanes, est longue. Les premières infractions remontent à 2002 et les dernières, pour lesquelles il a été condamné à la fin de 2009, ont été constatées en juillet 2007, puis à nouveau en février 2008. En six ans, six rapports d'infractions contenant un ou des chefs d'accusation ont mené à des jugements.
Maurice Lamontagne, directeur adjoint à l'inspection des aliments et responsable de la région de Québec, explique que ses inspecteurs ont saisi dans le dépanneur des boîtes de conserve abîmées et bombées au point où des liquides s'écoulaient. «C'était très, très à risque. On n'aurait jamais dû trouver ça sur les tablettes», décrit-il. D'autres aliments, incluant de banales croustilles, avaient aussi dépassé la date de péremption inscrite sur les emballages.
Fait aggravant aux yeux du Ministère, le propriétaire n'était pas en mesure de dire où avait été achetée cette marchandise. Des étiquettes avaient également été grattées «afin d'enlever des informations utiles aux clients», comme la date de péremption par exemple.
Menaces proférées
Les dernières visites des inspecteurs du MAPAQ se sont faites sous escorte policière car des menaces physiques et verbales auraient déjà été proférées par M. Bouchard. Une situation inhabituelle, qui arrive «moins de cinq fois par année» dans la région de Québec, selon Maurice Lamontagne.
«On ne demande pas de tapis rouge, mais un minimum» de courtoisie, dit-il.
Un juge a donc décidé que René Bouchard devra débourser 1000 $ pour avoir entravé le travail d'une personne autorisée dans l'exercice de ses fonctions, 4250 $ pour avoir détenu un produit destiné à la consommation humaine qui était altéré de manière à le rendre impropre à cette consommation, 1000 $ pour voir omis de garder à la disposition des inspecteurs les registres et pièces justificatives de ses opérations, 500 $ pour avoir fait emploi sur le récipient ou l'emballage d'un produit d'une indication inexacte, fausse, trompeuse ou susceptible de créer chez l'acheteur une confusion sur la qualité d'un produit. Le total dépasse de loin la moyenne.
Harcèlement
Une visite de la journaliste du Soleil à l'Accommodation des Platanes n'a pas permis de constater d'écarts sanitaires flagrants, bien que certains produits y accumulaient la poussière. Interrogé sur ses démêlés avec le MAPAQ, le propriétaire s'est dit victime de harcèlement.
«S'ils venaient une fois et qu'ils regardaient tout, mais non, ils viennent petits coups par petits coups», s'est-il plaint. L'homme, qui possède ce dépanneur [son troisième] depuis 12 ans, dit ne plus savoir «combien de 1000 piastres» il a payé en amendes pour insalubrité. Se disant épuisé, il a mis son commerce à vendre.
Tous les restaurants et détaillants de nourriture de la province sont visités régulièrement par les inspecteurs du MAPAQ - ou de la Ville de Montréal sur son territoire - en fonction du risque. De façon générale, les dépanneurs ne sont pas considérés comme des établissements à risque élevé puisqu'il s'y vend peu de nourriture fraîche.











