Le président des agents correctionnels, Stéphane Lemaire, était accompagné de 250 de ses membres, mercredi, pour recevoir les offres du Conseil du trésor. Ils étaient réunis à l'extérieur de l'édifice H sur Grande Allée. Ils étaient venus d'un peu partout au Québec pour manifester leur désapprobation concernant des offres dont ils se doutaient déjà de la teneur.
«Les limites ont été atteintes. On fait un pas en avant, et ils nous en imposent trois de recul», a lancé M. Lemaire à des agents qui,
estime-t-il, ne peuvent plus travailler dans les conditions actuelles.
«Il y a eu assez de reculs depuis 10 ans dans le milieu correctionnel. Il manque actuellement de 200 à 300 agents correctionnels [qui sont 2200 répartis dans 18 centres de détention]. Nos membres doivent faire deux quarts de travail par jour pour combler les besoins.»
Le problème, résume-t-il, est que le métier n'est pas valorisé, ce qui en décourage plusieurs à postuler, et d'autres à abandonner. «Ce sont les deux à trois premières années qui sont décisives. Nous pouvons perdre trois membres sur 10.»
Outre le manque de formation et les conditions de travail difficiles, M. Lemaire dénonce le fait qu'un agent correctionnel du Québec gagne 56 000 $ au plus haut échelon, alors que ses confrères au fédéral empochent 68 000 $. Sans atteindre ce montant, il juge qu'un rattrapage est nécessaire. «L'un des problèmes qu'on vit est que le fédéral vient s'approvisionner chez nous.»





















