Chantiers Davie cède aux pressions: l'audition aura lieu à Québec

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Danielle Roy Marinelli a plaidé que le chantier se trouve dans sa ville. La majorité des 316 créanciers sont de la grande région de Québec, a-t-elle poursuivi. «Les citoyens de Lévis et de Québec veulent suivre ça! Les employés aussi.»

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Les pressions sur Chantiers Davie ont été irrésistibles. Le cons­tructeur naval ramène dans le district de Québec l'audition de sa cause pour se protéger de ses créanciers, cause d'abord présentée à Montréal, la semaine dernière.

Le Soleil a obtenu copie de la requête demandant le transfert de l'affaire. Elle est rédigée en anglais et déposée par le cabinet d'avocats Osler, Hoskin et Harcourt. Le document est daté du 10 mars.

Il est tombé deux jours après le jugement émis par Martin Castonguay. Le juge à la Cour supérieure de Montréal blâmait sévèrement l'entreprise de ne pas tenir le débat dans le district de Québec.

Il rappelait que le chantier naval est à Lévis, que l'affaire concerne l'avenir de 1765 employés mis au chômage à la suite du recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Selon le magistrat, c'est le principe d'accessibilité à la justice qui était bafoué. Il précisait être favorable à un déménagement de la cause à Québec.

Les procureurs de Chantiers Davie se rendent aux arguments du juge. Ils demandent «respectueusement» que le dossier soit rapatrié au palais de justice de Québec.

La porte-parole de Davie, Marie-Christine St-Pierre, a soutenu que «nous n'avons pas eu de demande. Nous avons pris l'initiative de nous concentrer sur les vrais enjeux, ceux de la restructuration».

Mais le constructeur appartenant à des intérêts norvégiens n'avait pas le choix.

Un véritable mouvement de contestation s'est développé dans la région, ces derniers jours.

La mairesse de Lévis a confirmé que ses avocats auraient déposé une demande de transfert si Davie n'avait pas fait marche arrière.

Danielle Roy Marinelli a plaidé que le chantier se trouve dans sa ville. La majorité des 316 créanciers sont de la grande région de Québec, a-t-elle poursuivi. «Les citoyens de Lévis et de Québec veulent suivre ça! Les employés aussi.» Le nom de la municipalité apparaît sur la liste des créanciers, pour une somme de 327 520 $. C'est l'avocat Luc Paradis, du cabinet Morency, qui a été chargé de défendre les intérêts de Lévis.

En entrevue, il a ajouté qu'il avait entrepris de regrouper les procureurs d'autres entreprises à qui Davie doit de l'argent pour signer une requête commune pour forcer le déplacement de la cause à Québec. Une dizaine d'avocats étaient prêts à le faire, a répondu Me Paradis.

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