Mais le plus étonnant, c'est d'abord qu'un journaliste affecté aux faits divers ait surpris l'homme en flagrant délit. «Je me suis stationné près du VUS en pensant qu'il s'agissait du propriétaire. J'ai vu passer un homme derrière le comptoir [d'un commerce]. Il est sorti par la brèche dans la porte, m'a invectivé en anglais et s'est approché de moi en brandissant une barre à clous», raconte Dave Kidd, de la station de radio CIHO.
Il avait été alerté en écoutant les ondes radios de police. Il se rendait à un commerce après avoir remarqué la vitre fracassée de la porte d'entrée. Le journaliste a quitté prestement les lieux, mais l'homme l'a suivi avec son véhicule. Il n'a eu qu'à contacter par cellulaire les policiers postés quelques kilomètres plus loin.
L'autopatrouille a pris le relais, heurtant même le véhicule du suspect qui refusait de s'arrêter. On a dû étendre un tapis de clous 40 kilomètres plus loin, afin de freiner le fuyard.
Une volée d'accusations
Sparks a comparu au palais de justice de La Malbaie sous neuf chefs d'accusation, un mélange d'entrées par effraction, de voies de fait armées, délit de fuite, conduite dangereuse, possession d'outils de cambriolage et recel. Le juge a ordonné qu'il reste sous les verrous jusqu'à sa comparution pour orientation le 20 avril.
«Nous avons eu trois dossiers sur la Côte-de-Beaupré, puis il y a eu six alarmes en 30 minutes dans Charlevoix-Est. Auparavant, il avait volé une voiture en Ontario, puis volé une plaque d'immatriculation au Québec. Il n'est pas impossible que d'autres événements soient reliés», a commenté Ann Mathieu de la Sûreté du Québec. Elle a ajouté que l'homme possédait une longue liste d'antécédents judiciaires dans la province voisine.
Gérard Bouchard, propriétaire de Pièces d'autos La Malbaie, était soulagé. «Si Dave n'avait pas été là, jamais ce gars n'aurait été arrêté», a-t-il dit. C'est à cet endroit que M. Kidd a surpris Sparks, en plein cambriolage.
«Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, c'est après que tu te poses des questions : avait-il autre chose qu'une barre à clous? Mais je n'ai pas joué à Batman. On m'a déjà insulté, mais jamais menacé de cette façon», a conclu le journaliste.










