L'homme de 63 ans fait face à 14 accusations pour des gestes de violence et à caractère sexuel contre une ex-conjointe, une de ses filles aujourd'hui décédée, une ex-belle-fille et une autre adolescente. Les crimes auraient été commis entre 1968 et 2001 alors que certaines des présumées victimes n'avaient que neuf ans. Pendant ces années, la famille a habité à Saint-Damien, à Armagh et à Saint-Henri de Lévis.
Les quatre femmes n'ont porté plainte qu'en 2007, et Godbout a été arrêté le matin du 18 décembre 2007. Ce sont ces dénonciations tardives qui font dire à l'avocat de la défense que les victimes agissent par vengeance contre son client.
Selon Me Denis Richard, les présumées victimes, surtout deux d'entre elles, ont accusé son client parce que ce dernier aurait dénoncé des gestes incorrects posés par des personnes qui leur sont chères.
Lors du procès qui s'est étalé sur trois semaines, l'accusé a admis avoir eu des relations sexuelles avec sa belle-fille. La défense parle d'une relation amoureuse entre Godbout, alors âgé entre 29 et 33 ans, et sa belle-fille, âgée entre 14 et 17 ans.
Mais les dénonciations de crimes sexuels contre les trois autres victimes, et tous les gestes de violence ont été ajoutés pour «colorer le dossier», de dire Me Richard. Le versement d'alcool à friction dans le vagin d'une des victimes pour la purifier et l'obligation de boire du sang de l'accusé sont deux événements racontés par l'une des présumées victimes.
En famille
Pour la poursuite, les crimes dont est accusé Godbout sont depuis longtemps l'objet de discussion entre des membres de la famille et des proches des présumées victimes. Elles en ont parlé bien avant 2007, avant le présumé complot avancé par la défense pour se venger du fait que l'accusé a mouchardé, de dire
Me Nadine Dubois.
La thèse de la fabrication récente des crimes ne tient pas quand on sait, selon un témoignage, qu'une des présumées victimes en a parlé à des membres de sa famille 25 ans avant le dépôt des accusations, précise Me Dubois.
L'avocate de la poursuite a aussi rappelé le témoignage d'un des fils de l'accusé selon lequel il sait depuis 20 ans que son père a eu des relations sexuelles avec sa belle-fille. Quel est l'avantage des victimes de dénoncer Eugène Godbout? demande Me Dubois.
Une telle dénonciation divise une famille. Les présumées victimes n'ont pas inventé ces gestes, car ce sont elles qui subissent la pression d'une partie de la famille, de faire valoir l'avocate de la poursuite.
Ces femmes, dit Me Dubois, ont dénoncé Godbout parce qu'il nie les gestes posés à leur endroit. Elles l'ont dénoncé afin de ne plus passer pour des menteuses, de dire l'avocate de la poursuite
La suite mardi
Les plaidoiries se poursuivront mardi, après quoi la juge Marie-Claude Gilbert prendra la cause en délibéré et décidera du sort de l'accusé.























