Le corps de la victime a été retrouvé par une connaissance qui lui rendait visite, jeudi soir aux alentours de 22h45.
Photo Fabien Demarteau
Le crime se serait déroulé vers 22h45, jeudi soir, dans cet immeuble de 160 logements qui est une propriété de l'Office municipal d'habitation de Québec (OMHQ) et qui accueille en grande majorité des locataires de 55 ans et plus. Selon ce qu'on a pu apprendre, c'est la suspecte qui s'est rendue chez un voisin pour qu'on appelle le 9-1-1, après qu'elle eut assené des coups de couteau mortels au sexagénaire atteint d'un cancer de la gorge à un stade avancé.Selon le relationniste de la police de Québec François Bouchard, les policiers envoyés sur les lieux ont appréhendé Lavoie à l'intérieur de cet édifice à logements, sans dire exactement où.
Elle a été interrogée par les enquêteurs des crimes majeurs de la police de Québec, avant d'être accusée, vendredi après-midi, de meurtre sans préméditation. La cause de cette femme qui a des antécédents judiciaires en matière de vol et de possession d'arme reviendra devant la cour le 8 avril. En attendant, elle demeure détenue. Il lui sera interdit de communiquer avec deux témoins dans sa cause.
Motif inconnu
Les experts en identité judiciaire de la police de Québec ont passé de longues heures dans l'appartement de la victime à recueillir les éléments de preuve pertinents à la cause. Le corps de M. Roberge a été sorti des lieux en milieu d'après-midi, vendredi.
L'infirmier de la rue Gilles Kègle connaît bien la victime, car il visitait M. Roberge quelques fois par semaine depuis plusieurs années. Comme le sexagénaire était atteint d'un cancer, il se rendait souvent le voir pour s'enquérir de son état de santé.
M. Kègle n'est pas surpris de ce qui est arrivé à son patient, qui a lui aussi un lourd passé criminel en maintes matières, dont voies de fait, fraude et conduite avec les capacités affaiblies. Ses plus lointains crimes remontent à 1959. L'infirmier devait d'ailleurs visiter ce grand malade vendredi matin.
Depuis quelques années déjà, M. Roberge accueillait souvent des prostituées à son domicile. M. Kègle dit qu'il prenait ces femmes en pitié et qu'il voulait les aider. Ces travailleuses du sexe dormaient parfois à son domicile et pouvaient même lui soutirer de l'argent afin de payer leur drogue.
M. Kègle ne croit pas que la victime consommait des stupéfiants, mais M. Roberge avait certainement un problème avec la consommation d'alcool.
«Ces femmes exploitaient cet homme qui était tellement faible et hyper-émotif. Ça faisait plusieurs années qu'il recevait des prostituées chez lui, mais le rythme avait augmenté récemment. Au milieu de chaque mois, il n'avait plus un sou de sa pension et je devais lui emmener des repas et payer pour ses médicaments. Je lui disais souvent de se débarrasser de ces femmes, mais il ne m'écoutait pas.»
Femme violente
M. Kègle dit bien connaître de vue celle qui aurait tué le sexagénaire, car il a remarqué sa présence à maintes reprises chez la victime. Il l'a décrite comme une femme violente. Des locataires du 575, rue du Roi, ont d'ailleurs indiqué au Soleil que cette femme avait brisé une vitre de l'immeuble assez récemment.
«Hier [jeudi], j'ai rencontré une amie de Damien qui habite le même édifice et elle m'a dit qu'elle était inquiète pour lui en raison de la présence, depuis quelques jours, de cette femme [Linda Lavoie] chez Damien. Elle m'a dit qu'elle avait peur qu'il se fasse tuer.»
M. Kègle avance que plusieurs autres de ses patients isolés et seuls sont la cible de prostituées qui profitent de leur naïveté afin de leur soutirer de l'argent, des vêtements et un endroit où dormir.











