Premier meurtre à Québec: le corps non réclamé

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Le corps de Damien Roberge, trouvé mort dans... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le corps de Damien Roberge, trouvé mort dans son appartement, sera pris en charge par la Fondation Gilles Kègle si personne ne le réclame avant la fin du délai prescrit par le coroner.

Le Soleil, Erick Labbé

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Plus d'une semaine après que Damien Roberge eut été victime du premier meurtre de l'année sur le territoire de la ville de Québec, aucun proche ou membre de sa famille n'a réclamé son corps afin de le porter à son dernier repos.

Dans ce contexte, il y a fort à parier que ce sera la tâche de l'infirmier de la rue Gilles Kègle d'entreprendre les démarches afin d'enterrer les cendres de ce sexagénaire au cimetière de la Souvenance, à Sainte-Foy.

En mai et en octobre de chaque année, M. Kègle et ses bénévoles enterrent les cendres de ses patients, d'itinérants et de gens qu'il connaît dont les membres de la famille n'ont pas réclamé le corps après leur décès. Annuellement, l'infirmier s'occupe des funérailles d'une quinzaine de personnes, et le nombre ne cesse de croître.

Damien Roberge s'ajoutera donc possiblement à cette liste, à moins qu'un proche se présente dans un court délai afin de lui offrir des funérailles. M. Roberge était atteint d'un cancer de la gorge en phase avancée quand il est mort sous les coups d'une arme blanche. Linda Lavoie, 44 ans, fait d'ailleurs face à une accusation de meurtre non prémédité.

«Quand la maison funéraire avec laquelle je fais affaire, Lépine Cloutier, a appelé à la morgue samedi, le corps de Damien n'avait toujours pas été réclamé. Je vais m'informer de nouveau mardi. Je ne serais pas surpris que la coroner en charge du dossier impose un délai de deux semaines supplémentaires afin de donner une dernière chance à un proche de se manifester. Ensuite, si personne ne se présente, ce sera probablement à moi et à mes bénévoles d'enterrer Damien.»

Originaire de Portneuf

M. Kègle dit ne connaître aucun membre de la famille de la victime, qui avait un lourd passé criminel. M. Kègle allait visiter l'homme régulièrement afin de s'enquérir de son état de santé très précaire, dans son logement du quartier Saint-Roch. «Je sais qu'il vient de la région de Portneuf, de Saint-Raymond. C'est tout.»

Le corps de M. Roberge s'ajoutera aux cinq autres dépouilles mortelles non réclamées que M. Kègle devra porter en terre, le 21 mai.

«Jeudi, l'hôpital Saint-Sacrement m'a appelé, car la fille d'un homme que je connais refusait de réclamer le corps de son père après qu'il soit décédé. Encore là, je vais m'en occuper.»

Quand les défunts ont suffisamment cotisé à la Régie des rentes du Québec au cours de leur vie, cet organisme gouvernemental verse 2500 $ à M. Kègle pour payer les frais funéraires. Sinon, l'infirmier tire la somme de sa fondation.

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